La fête-Dieu à Armendarits / Besta Berri

La Fête du Saint-Sacrement dans le Pays basque

La Fête-Dieu est une fête catholique du Saint Sacrement, au cours de laquelle a lieu une procession escortée par une "garde nationale" dansante. Dans le Pays basque, cette fête est à la fois une religieuse et culturelle. En plus de la fête de l'Ostie, c'est la célébration du solstice d'été dans les traditions basques.


Cette fête est un double héritage historique et identitaire des habitants d'Armendarts. En effet, elle constitue un symbole religieux, un moment de recueillement et de célébration de la Sainte Eucharistie, le "Corpus Christi", soit le corps du Christ, matérialisé par les deux espèces présentées : le pain et le vin. Par ailleurs, les basques ont également coïncidé ce jour avec une ancienne fête d'avant la christianisation : la célébration du solstice d'été, c'est-à-dire la fête de la lumière et de la vie.
La fête-Dieu corresponds au neuvième dimanche après Pâques. En euskara, la langue basque, ce jour corresponds à "Besta Berri" soit "la fête nouvelle". Instituée par le pape Urbain IV, en 1264, le caractère populaire de cette célébration est aujourd'hui attribuée aux processions dansantes, performées par une escorte : C'est la garde costumée. Les rues et les façades des maisons du village sont parées de blancs et de décorations végétales et florales. Des pas précis et un cérémoniel sont institués. De l'extérieur à l'intérieur de l'église, tout est bien orchestré.

  • La garde cérémonielle:

Se présentant sous deux files, cheminant côte à côte, elle se compose de différents personnages :

  En basque En Français Description
1. Oillarak Les coqs Au nombre de deux,ces danseurs ouvrent la marche. Ce nom qui leur est attribué est dû à la représentation du gallinacé sur le bâton qu'ils manient. D'un point de vue symbolique, le coq représente le soleil dans la religion catholique. Il est aussi un symbole militaire qui rappelle le blason de la nation française.
2.

Suisa

Le Suisse Cette autre fonction de danseur est héritée de la Fête-Dieu de Saint-Martin-d'Arberoue, apparue pour la première fois en 1998 à Armendaritz à la suite du mariage d'une habitante du village et d'un homme originaire de ce village voisin. C'est cet homme lui-même qui assure cette fonction depuis son arrivée dans le village jusqu'à ce jour. Le Suisse a pour mission d'accompagner le quêteur dans les galeries de l'église. Cette fonction liturgique équivaut à celles des bedeaux au XVIIème siècle, chargés de la surveillance de l'église.
3. Lantzierak Les lanciers Le rôle des lanciers est attribué aux meilleurs danseurs. Au nombre de deux, ils doivent pouvoir "voler" ou "danser à la souletine", comme le disent des expressions locales. Comme tous les autres danseurs de l'escorte, (coqs, Suisse, sapeurs), ils portent un pantalon et des espadrilles à petits grelots, qui rythment la marche, et tintent à chaque pas.
4. Zampurrak Les sapeurs Au nombre de six, les sapeurs suivent la même chorégraphie que les coqs et lanciers, avec moins de légèreté. Ils dansent près du sol et sont reconnaissables à la hache qu'ils portent sur l'épaule. Ils ont également une coiffe, un haut colback noir sur lequel, il y a des miroirs et des images pieuses.
5. Makilari Le tambour-major C'est l'équivalent d'un chef de chœur. Il donne le rythme aux musiciens et coordonne la musique avec les temps d'arrêts et de pauses. Il doit faire preuve preuve d'une grande dextérité pour garder le rythme de la musique avec son bâton.

6.

 

La Banda L'harmonie Elle est intégrée à la garde du défilé. Depuis 1998, sa composition n'a pas changé. Elle est formée de plusieurs musiciens, étrangers au village, tous membres de la banda Koxegi.
7. Banderak Les porteurs de drapeaux Il s'agit là des deux porteurs des "drapeaux de la musique" ou "de l'air", reconnaissables à leurs tailles. Ils sont plus petits et légers, donc plus maniables. En effet, il faut pouvoir les faire tourner au rythme de la musique. A l'origine, dans le village d'Armendaritz, ce rôle n'était pas dansé. Seulement, en 1998, un porteur de drapeau d'Helette est arrivé au village par mariage. C'est ce dernier qui initia les porteurs de drapeaux du village à cette pratique chorégraphiée. Cependant, cela reste optionnel même si les plus anciens tendent à encourager la jeunesse à danser le plus possible pour perdurer les traditions.
8.   La batterie-fanfare Il existait une clique à Armendaritz jusque dans les années 1970, qui ne s'est pas maintenue. Depuis 1998, le village fait donc, appel à une batterie-fanfare originaire de Larressore. Sa principale fonction est de jouer les rythmes militaires alors que l'harmonie joue les pas de danse. En effet, la Fête-Dieu ayant été interdite, la pratique de la batterie-fanfare à Armendaritz n'avait plus aucune raison d'être, et a donc été délaissée.
9.   Le capitaine et l'officier (ou lieutenant) Ils ne doivent pas danser et sont sensés représenter l'ordre et l'autorité,tel le Suisse même si son rôle reste très protocolaire.
10.   Les porte-drapeau Au nombre de quatre, ils marchent au pas et sont chargés de drapeaux assez lourds qu'ils doivent pouvoir maintenir droit tout le long de la procession. Il y a, parmi eux, les deux premiers porteurs avec le drapeau des anciens combattants et le drapeau de la commune (drapeau basque avec le blason d'Armendaritz Les deux suivants portent des drapeaux plus petits que sont le drapeau européen et l'ikurrina, le drapeau basque. Aujourd'hui, ces rôles peuvent êtres assurés par des jeunes femmes.
11.   Les soldats de l'autel Au nombre de quatre, ils ont chacun un fusil à baïonnette et assurent l'escorte du Saint-Sacrement.
12.   Les soldats Le nombre de soldats peut varier d'une année à l'autre. Ils sont reconnaissables à leurs costumes : un pantalon et une chemise blancs, une cravate noire et une cinta verte, cette étoffe nouée autour de la taille, avec un béret rouge. Même si aujourd'hui, la hiérarchisation des rôles n'est plus socialement significative, il y a tout de même une différence de valeur entre l'avant et l'arrière du cortège, sans compter le prestige d'assurer un rôle liturgique plus important. Ce sont surtout les plus jeunes et les débutants qui assurent le rôle de soldats, afin d'avoir une vision générale pour mieux observer et assimiler les gestes et attitudes des anciens.
13.   Les gendarmes Au nombre de deux, ils clôturent le cortège et assurent la quête à l'extérieur de l'église. Ils font régner l'ordre notamment parmi les soldats qui les précèdent. Étant plus jeunes, ils sont supposés "facilement distraits".

 

  • Le déroulement de la fête:


La fête se déroule sur trois grandes étapes avec tout d'abord les préparatifs, le dimanche de la Fête-Dieu et le dimanche de l'Octave.
Une semaine avant Pâques, un comité de quatre à cinq personnes s'organise pour constituer les équipes de travail, lors de la Fête-Dieu. Le dimanche de Pâques, les rôles sont attribués. Une fois la liste des participants établie, la chef des couturières est contactée par le Capitaine pour entamer la costumation. Chaque lundi, entre Pâques et la Fête-Dieu, une dizaine de couturières bénévoles se réuniront pour recoudre et réajuster les costumes de l'année précédente. Pour remercier ces bénévoles, un dîner leur est offert à l'automne.
Lors de la Fête-Dieu, une messe est célébrée l'après-midi, suivie d'une procession, puis, le défilé de la garde sur la place du village. Le dimanche suivant est celui de "l'Octave". Il s'agit du dimanche suivant où le village répète l'événement. La journée commence avec le petit déjeuner offert aux musiciens par l'association alors que la garde se prépare à la mairie. Le cortège se regroupe ensuite sur la place du village pour former deux files indiennes et marche au rythme de la batterie-fanfare. Deux tours de la place sont ordonnés par le Capitaine. Le cortège s'arrête, ensuite, face à l'église pour procéder à l'entrée, sur un nouvel air de l'harmonie. Les gardes sont situés à la tête. Une fois à l'intérieur, chacun regagne la place qui lui est attribuée, soit près de l'autel ou dans la nef et l'allée centrale. Les quatre soldats de l'autel prennent leur fonction. Pendant ce temps, le Capitaine et le Suisse sont chargés d'escorter le prêtre et les enfants de chœur depuis la sacristie jusqu'à l'autel. La messe peut, quant à elle, être dite en euskara : prières, chants, psaumes, lectures, homélie et eucharistie. A des moments précis de la messe, les musiciens peuvent jouer des extraits de ses répertoires tandis que les banderak fout tourner les "drapeaux de l'air" en rythme. Le Capitaine et le makilari (tambour-major) ont aussi des moments pour intervenir. La sortie de l'église se fait, ensuite, sur le même mode que l'entrée. Après la messe, la garde défile sur la place du village, puis vers la mairie, où les costumes sont enlevés, pour le déjeuner. Le maire, quant à lui, a pour mission d'inviter le prêtre chez lui pour le repas du midi. Les festivités reprennent l'après-midi, après costumation. Le maire et le curé marchent entre le Capitaine et l'officier pour rejoindre l'église où les vêpres seront alors célébrées. Le maire accompagne le curé dans la sacristie pour attendre le Capitaine et l'officier qui reviennent les escorter. A l'issu des vêpres, la procession reprends. Sortent de l'église dans cet ordre : le porteur de la croix, le porteur de la bannière du Sacré-cœur, les coqs, les lanciers, les sapeurs, le makilari, les musiciens de l'harmonie, les banderak, la batterie-fanfare, les porte-drapeaux, les enfants tous vêtus de blancs ( les jeunes garçons ont des fanions avec des dessins représentant le calice et l'Ostie ou l'ostensoir, puis viennent les jeunes filles avec des paniers emplis de pétales qu'elles jettent sur le chemin).

  • Les costumes, armes et drapeau:
    Les costumes d'Armendartz ont leur propre histoire. Cachés dans une maison pendant près de dix-neuf ans pour les protéger d'une probable destruction par des opposants à la fête, ils appartiennent aujourd'hui à l'association du village Armendaristarrena. Pour les plus récents, ils sont achetés ou confectionnés par les femmes du village.
    Le mode d'acquisition pour les armes est lui aussi varié: achats, legs et fabrication.
  • Le reposoir (qui surmonte l'autel dressé à l'extérieur de l'église), fabriqué en 1998, par une religieuse de la paroisse.
  • L'ostensoir, le dais et la cape dorée du prêtre, les bannières et les lanternes, l'autel extérieur, ne sont pas entretenus par l'association, mais par le prêtre.
  • Les instruments de musique sont la propriété des musiciens.
  • Les fleurs qui ornent un drap blanc derrière le reposoir; les pétales de fleur et l'herbe pour la jonchée.
  • Les fanions sont dessinés et portés par les jeunes garçons (dans d'autres villages, ceux-ci peuvent porter des fleurs de lys blancs), à l'initiative d'une religieuse qui avait l'habitude de faire faire des activités communes aux filles et garçons mêlés, et avait proposé ainsi de donner un rôle aux plus jeunes garçons qui étaient alors en marge de la fête.
  • L'église auparavant dédiée à l'Assomption de la Sainte Vierge l'est aujourd'hui à Saint-Pierre. Elle est d'ailleurs inscrite à l'Inventaire général du patrimoine culturel
  • La place du village
  • La mairie et le restaurant

Les pratiques de cette fête sont transmises dès le plus jeune âge. Tout le monde a son rôle à jouer:

  • Les enfants et les plus jeunes :

L'apprentissage se fait surtout par l'observation et l'imitation. Lors du défilé qui suit la messe du matin de l'Octave, au cours duquel la garde effectue un nombre (indéterminé) de tours de la place, les enfants se joignent à leurs pères ou leurs oncles et marchent à leur côté ou les suivent de manière informelle. L'après-midi, les enfants les plus jeunes, vêtus de blanc, sont regroupés dans la chapelle de l'église. Ils participent ensuite officiellement à la procession; les garçons agitant des fanions dessinés par leurs soins représentant le calice et l'Ostie alors que les filles portent autour du cou un petit panier contenant des pétales de fleurs qu'elles sèment sur le chemin du dais qui les suit. Deux autres filles sont habillés en ange (une robe bleue et deux ailes blanches dans le dos) marchant, les mains jointes.

  • Les adolescents:

Un garçon intègre la garde à quatorze ans, en tant que soldat, ou même plutôt, dans des cas d'exception. Depuis 2007, les filles peuvent également y prendre part, mais elles doivent être plus matures (18 ans et plus). Certaines filles ont donc pu occuper ce rôle de soldat, même si cela engendre, parfois, de petites tensions. Toutefois, cela reste rare. 
Au printemps, un soir, un membre aguerri de la garde réunit les jeunes pour leur apprendre à marcher au pas. Il en profite pour repérer d’éventuels futurs danseurs. Situés vers la fin du cortège, les jeunes soldats ont l’opportunité de pouvoir observer tous les autres rôles, dont les différents danseurs, et repérer ainsi celui qui pourrait leur plaire par la suite. Leurs ainés ont constaté une évolution importante : alors qu’avant l’interruption de 1979 les garçons attendaient avec impatience l’âge d’entrer dans la garde, aujourd'hui il faut « les pousser un peu » : « Quatorze ans, c’était le cap. Celui qui s’habillait à la Fête-Dieu ça y est il était grand. […] Ce n’est plus une évidence pour les jeunes ». C’est pourquoi en 2012 un de ces jeunes a été nommé Capitaine. Les aînés essaient de « responsabiliser la relève », leur faire prendre conscience de leur rôle et leur donner le goût de cette fête, afin qu’ils en assurent à leur tour la pérennité. Selon un témoin, avant l’interruption on entrait dans la garde vers quinze ou seize ans et on en sortait vers trente ans.
Désormais, il y a moins de jeunes, des participants y restent donc jusqu’à cinquante ans environ. La façon de faire est davantage transmise que l’historique et le sens de cette manifestation. Jusqu’à présent, les jeunes qui entrent dans la garde ont tous été baptisés, ont fait la première communion et la confirmation. La question ne s’est donc pas encore posée de l’intégration de jeunes n’ayant pas d’éducation religieuse. Mais selon le président de l’association les premiers cas ne devraient pas tarder à se présenter et il estime à titre personnel - et d’autres comme lui - que ce n’est pas un « critère » discriminant, que si un jeune veut entrer dans la garde, il serait regrettable de l’en empêcher au vu du besoin d’effectif et de l’opportunité de l’intéresser à la religion et/ou à la vie du village.

La Fête-Dieu a été instituée officiellement en 1264 par le pape Urbain IV. Elle est pensée comme une commémoration de la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l'eucharistie, c'est-à-dire dans le pain et le vin consacrés, en exposant par l’élévation l’Ostie au cours de la messe. Cette institution répondrait à une provocation hérétique de Bérenger de Tours. En 1318, le Pape Jean XXII décréta dans une bulle qu’une procession solennelle devait également être organisée.

A Armendarits on ignore depuis quand cette fête est célébrée.
Les Armendariztarrak estiment que la fête de leur village est antérieure à celle d’Iholdy et qu’elle était déjà célébrée avant 1900, mais aucun document l’attestant n’est encore identifié. Les acteurs reconnaissent ne pas connaitre avec certitude l’origine de leurs costumes. Ils ignorent si, dans leur village, à une certaine époque, une véritable milice rurale ou une garde nationale a escorté le Saint-Sacrement au cours de la procession. Ils ignorent également à quelle époque les villageois ont commencé à revêtir des costumes inspirés de la garde napoléonienne pour créer une garde symbolique spécialement pour la procession de la Fête-Dieu. Nous savons toutefois qu’ils le faisaient déjà dans certains villages en 1894, pratique attestée par un article du Journal de Saint-Palais qui évoque l’existence d’une garde d’honneur dont les rôles sont attribués.
Une autre indication nous est donnée par Louis Labat qui, après avoir vu le tableau de Marie Garay exposé en 1899 au Salon des Artistes français, alla observer par lui-même cette pratique à Itxassou et en rendit compte dans un article paru en 1901. Il y mentionne la garde costumée mais pas la danse, de même que Marie Garay dans son tableau figure des personnages marchant et non dans une phase de danse. Nous ne savons donc pas non plus avec certitude à quelle époque la garde commença à danser pour entrer et sortir de l’église.  Le choix des costumes s’est-il fait en souvenir de l’éclat des costumes de l’armée napoléonienne lors d’un passage au Pays basque (hypothèse évoquée à Armendarits où la garde est appelée « garde napoléonienne ») ? La constitution d’une garde civile en costumes militaires est-elle une réminiscence d’une garde nationale locale qui aurait existé antérieurement ? Comme l’explique X. Itçaina, « Le problème n’est pas tant de savoir si les soldats de l’Empire se sont ou non arrêtés à Iholdy, mais plutôt de comprendre pourquoi les gens d’Iholdy ont construit et maintenu cette explication. » Et nous ajouterions qu’il est aussi tout aussi important de comprendre le sens qu’ils leur donnent aujourd'hui.
Les interruptions sont un autre point intéressant pour comprendre la signification de la Fête-Dieu telle qu’elle est célébrée au Pays basque. A Armendarits, la dernière suspension  a duré dix-neuf ans : de 1979 à 1997 aucune procession n’eut lieu pour la Fête-Dieu. La cause serait une dissension au sein du village, liée à la symbolique de cette célébration. Dans un contexte où le mouvement séparatiste basque prenait de l’ampleur, une partie des habitants du village aurait interprété ces uniformes (supposés) de l’armée impériale et la présence du drapeau français comme des éléments exogènes, symboles d’un Etat français oppresseur de la culture basque. Le Maire de l’époque fit même interdire de défiler sur la voie publique pour éviter d’éventuels troubles à l’ordre public.
Les années passant, le regard sur la Fête-Dieu changea à nouveau et, porté par les jeunes du village avec le soutien des anciens, le projet de relancer la fête apparu avec à nouveau l’adhésion du village. Une association fut créée qui, soutenue par un abbé local, parvint à convaincre également le clergé de donner l’autorisation de célébrer à nouveau la Fête-Dieu à Armendarits. Par ailleurs, comme l’a justement remarqué J.-M. Guilcher « chaque reprise a été marquée par des modifications ». Ce fut le cas à Armendarits où, à la reprise,  la procession fut raccourcie et le reposoir - jusque là situé chez le Maire de l’époque - fut déplacé sur la voie publique. Il s’agissait de donner une vision globale de la procession, ainsi cantonnée à la place, dans un but pratique et esthétique. Les témoins reconnaissent qu’il y avait plus de monde dans le cortège avant et qu’aujourd'hui les gens ont tendance à observer la procession plus qu’à y participer, en se plaçant sur le côté de la place et plus dans le cortège.
La Fête-Dieu s’oriente sensiblement vers un spectacle culturel en empruntant des codes au monde culturel associatif et semi-professionnel (création d’une association dédiée, amplificateurs sonores, communication de l’évènement à l’office de tourisme). Les acteurs sont vigilants quant à son évolution, partagés entre le souci de conserver les significations de la Fête-Dieu telle qu’elle leur a été transmise et celui de la réinscrire en permanence dans le contemporain en l’adaptant aux besoins et aux désirs de leur génération.

 

  • Chaque année, l’Office de Tourisme de Saint-Palais envoie un questionnaire aux mairies des communes du territoire pour identifier les manifestations de la saison estivale. La Fête-Dieu à Armendarits est ainsi signalée sur le site Internet et la brochure de l’Office de Tourisme.
  • L’association contacte également chaque année une radio locale (France Bleu Pays basque) et un journal régional (Sud Ouest) afin qu’ils relaient l’information.
  • L’association reçoit une subvention de la commune.
  • Elle récolte aussi des dons, notamment au moment de la quête à l’extérieur de l’église et depuis deux ans la moitié des dons faits à l’église pendant la messe.
  • Des habitants du village font des dons à l’association pour l’aider à préparer la fête et accueillir les musiciens.
  • Des gens autres que les villageois assistent à la Fête-Dieu (surtout à l’Octave) : des habitants d’autres villages du Pays basque, des touristes orientés par leurs hébergeurs.
  • Sur Internet plusieurs vidéos de la Fête-Dieu dans d’autres villages (Iholdy, Hélette) sont visionnables.
    D’une manière générale, la valorisation et la reconnaissance publique importe peu aux acteurs de la Fête-Dieu, dans la mesure où elle demeure avant tout une manifestation de piété et un évènement de la vie de la communauté, qui ne nécessite aucun public autre que les villageois, même si tout le monde est bienvenu. La valorisation se fait surtout en direction des jeunes du village, essentiellement dans un but de transmission.
  • ALBERBIDE, Xipri. 2001. Besta Berri. Lasarte-Oria : Ostoa. CUZACQ, René. 1953. Dans le folklore basque : Procession de la Fête-Dieu et Chapelles. Chasse à la palombe. Sur la Maison des Basque et Varia. Mont-de-Marsan : Jean Lacoste, pp.5-21.
  • GUILCHER, Jean-Michel. 1984. « La Fête Dieu ». La tradition de danse en Béarn et Pays basque. Paris : maison des Sciences de l’Homme, pp.416-451.
  • HERELLE, Georges. 1927. « La procession de la Fête-Dieu à Espelette ». in Gure Herria (7e année, 4, juillet-août). ITCAINA, Xabier (1-15 avril 2000). « La Fête-Dieu face à ses interprétations en Pays basque nord ». In Euskonews.com [en ligne]. Page consultée le 10 mai 2012. http://www.euskonews.com/0102zbk/gaia10205fr.html
  • LABAT, Louis. 1901. « Fête-Dieu en Pays basque » [livret de six pages, numérotées de 315 à 320, sans référence d’édition. Consultable au Musée Basque et de l'histoire de Bayonne].

Personne(s) rencontrée(s) :

  • Jean-Pierre Challet, président de l'association Armendaristarrena.
  • Lucien Delgue, maire d'Armendartz.

Coordonnées du lieu d'exercice de la pratique : Nouvelle-Aquitaine, Pyrénées-Atlantiques, Pays basque : dans une dizaine de villages de Basse-Navarre et du Labourd dont Armendarits, Beyrie-sur-Joyeuse, Cambo, Hélette, Iholdy, Itxassou, Saint-Esteben.
Date d'inventaire : 17/06/2007 et 17/06/2012.
Nom de l'enquêteur ou des enquêteurs : Cendrine Lagoueyte.
Nom du rédacteur de la fiche: Cendrine Lagoueyte. Laboratoire ITEM, EA 3002, programme de recherches "Inventaire du Patrimoine Culturel Immatériel en Aquitaine", Université de Pau et des Pays de l'Adour.

N° d'inventaire Ministère Culture :  2010_67717_INV_PCI_FRANCE_00078
Identifiant ARK : ark:/67717/nvhdhrrvswvk2r9

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