La savate, boxe française

Pratique traditionnelle française sportive et de défense

La Savate boxe française est constituée d’un ensemble de techniques utilisant uniquement les pieds et les poings, pratiquées sur une enceinte délimitée par des cordes, dont l’objectif est de prendre l’avantage sur son adversaire.

La Savate boxe française est constituée d’un ensemble de techniques utilisant uniquement les pieds et les poings, pratiquées sur une enceinte délimitée par des cordes, dont l’objectif est de prendre l’avantage sur son adversaire.
Les techniques de poings servent uniquement à la percussion, alors que les techniques de pieds permettent à la fois des percussions et des coups d’arrêt, aussi bien par des gestes circulaires, que rectilignes, en restant face à son adversaire ou en tournant sur soi.

Coups de poings : direct, crochet, uppercut.
Coups de pieds : chassé frontal, chassé latéral, fouetté, revers, coup de pied bas.

La savate boxe française se pratique de deux manières :

L’assaut
Forme de compétition qui se déroule à partir de rencontres à la "touche" où toute puissance des coups est exclue : la recherche du "Hors Combat" y est donc totalement proscrite. Les rencontres qui opposent deux tireurs se déroulent sur une surface délimitée (enceinte), dans un temps limité (reprises) et dans le respect de techniques de coups de poings et de pieds codifiées.

Le combat
Forme de compétition qui se déroule à partir de rencontres qui autorisent la puissance des coups : la recherche du "Hors Combat" est donc possible et autorisée. Les rencontres qui opposent deux tireurs se déroulent sur une surface délimitée (enceinte), dans un temps limité (reprises) et dans le respect de techniques de coups de poings et de pieds codifiées.

Les éléments matériels constitutifs de la pratique
La Savate boxe française requiert l’utilisation de gants. L’élément le plus caractéristique est la chaussure. Il s’agit d’une grande particularité par rapport aux autres sports de combat pieds/poings.
Les tireurs disposent d’équipements de protection. En Assaut comme en Combat, certaines protections sont obligatoires (ex.: protège-dents, protège poitrine pour les femmes, coquille).
En fonction des niveaux de compétitions d’autres protections peuvent être demandées (ex. : casque, protège-tibias).

Lieu d’exercice
Ces disciplines se pratiquent dans des salles de boxe à l’aide d’enceinte (ring) ou de tapis aux sols avec délimitation d’une aire d’affrontement.

L’apprentissage et l’exercice sont organisés et codifiés par la Fédération Française de Savate boxe française & D.A, qui est une Fédération agréée et délégataire du Ministère de la Jeunesse et des Sports.
La pratique se fait par la transmission des techniques, par les moniteurs fédéraux dans les 740 clubs répartis sur l’ensemble du territoire français.
Les clubs sont répartis dans toutes la France et dans les départements et territoires d’outremer. 50 000 pratiquants sont recensés par la Fédération Française de Savate boxe française.
Il existe une pratique internationale.

Au niveau continental :
Existence d’une confédération par Continent ; par exemple Confédération Européenne de Savate (diverses compétitions combat et assaut, jeunes, séniors … : http://www.eurosavate.com/wordpress/ lien désactivé)

Au niveau international :
Il existe une Fédération Internationale de Savate (FISav) regroupant 60 pays. Organisation de compétitions en combat et assaut, en Savate et canne de combat, ainsi que des Opens internationaux.
La Savate boxe française est reconnue par l’association Sportaccord, organisation qui chapeaute les sports olympiques et non olympiques, afin de valoriser les disciplines au niveau international par l’organisation de compétitions. La Savate boxe française fut représentée aux World Combat Games, du 18 au 26 octobre 2013 à Saint-Pétersbourg. Il existe une unité de pratique au niveau international.

Ils sont organisés et codifiés par la Fédération Française de Savate boxe française & D.A, qui est une Fédération agréée et délégataire du Ministère de la Jeunesse et des Sports.
L’apprentissage se fait par la transmission des techniques, par les moniteurs fédéraux dans les 740 clubs répartis sur l’ensemble du territoire français. Les moniteurs obtiennent leurs diplômes après avoir suivi une formation sous le contrôle de la Fédération, ou de l’État sous l’égide de la direction technique nationale. La Fédération assure ainsi une cohérence dans l’enseignement.
Les pratiquants progressent en suivant une formation continue qui donne lieu régulièrement à la délivrance de grades, appelés gants. (ex. : bleu, vert, rouge, blanc, jaune, gants techniques…).
Il faut au minimum deux ans de pratique pour commencer la compétition et au moins trois années pour enseigner.
La savate boxe française reste une discipline attachés à ses caractéristiques : déplacements particuliers, alternance des pieds et des poings, utilisation de la chaussure.
Toutefois, les pratiquants restent attentifs à ce qui peut se pratiquer dans des disciplines voisines ; pour autant les emprunts sont assez rares ; il n’y a pas réellement d’emprunts depuis le début du XXe siècle.

Des origines mystérieuses
La Savate boxe française est la seule activité physique de combat de percussion pieds poings de tout l’occident. Peu de traces écrites ont été retrouvées.
Cela est certainement dû aux origines populaires de cette pratique physique. Il serait vain de tenter de trouver une condition ou une personne qui serait à la base de l’élaboration de la Savate boxe française. C’est le fruit d’un syncrétisme.
Néanmoins, il semble que le duel à mains nues représente la matrice formant la Savate. La violence urbaine que sécrète Paris dès la fin du XVIIIe est à l’origine de nombreuses bagarres dans lesquelles interviennent les coups de pied. Ces dernières sont relevées dans certains rapports de police ou encore dans des Gazettes de tribunaux. Il est également possible de rattacher la source de la boxe française à une méthode de défense comprenant quelques coups de pied, et pratiquée à Marseille puis dans les bas-fonds de Paris dans les années 1820.
L’Histoire et le temps ritualiseront ce duel pour en faire une activité physique académique, quasi gymnique dans un premier temps, avant que la Savate boxe française ne devienne un véritable sport de combat de compétition.
La structuration et la codification dans les salles parisiennes. L’insécurité croissante des rues parisiennes, au début du XIXe siècle, crée les conditions favorables au développement des techniques d’attaque et d’autodéfense. Sous la pression de la demande populaire, les meilleurs praticiens des bagarres de rue tentent de formaliser et de transmettre leur savoir. Michel dit "le Pisseux" est le premier à s’inscrire dans cette démarche.
À cette époque, les coups de pieds sont donnés en ligne basse, les mains servent essentiellement à se protéger mais aussi à saisir. A cette période, la Savate est aussi une activité de préhension, on y trouve en effet des éléments de lutte. La pratique de la Savate, se veut alors distinguée et la volonté de renier tout ce qui évoque sa mauvaise réputation est manifeste. Ainsi, au 19ème siècle la discipline quitte la rue, se désencanaille pour se pratiquer dans les salles parisiennes ou elle voisine avec l’escrime et la gymnastique naissante.
La salle de Michel est fréquentée par des élèves de marque dont, dit-on, le Duc d’Orléans. Son meilleur élève, Charles Lecour, lui succède. Alors que la Savate se pratique avec les pieds, Charles Lecour a alors l’idée d’allier la boxe anglaise, qui fait alors quelques incursions en France, à la Savate.
Malgré l’importance de Michel le Pisseux et de Charles Lecour, c’est le maître savatier Charlemont que l’on considère comme le premier professeur de boxe française puisqu’il codifie la discipline en 1877 dans son Traité de la boxe française et de la canne. En 1879, il crée l’Académie de boxe. Charlemont est également un des précurseurs de l’exploitation commerciale du loisir sportif et de l’entretien physique. A cette époque la boxe française se pratique dans l’armée, dans les lycées et dans les sociétés sportives.

Développement de la boxe française dans les sociétés de gymnastiques
Entre 1800 et 1900, la Savate boxe française se développe en lien avec les gymnastiques, activités physiques militaires mais aussi médicales, ancêtres de l’éducation physique. Les Sociétés de gymnastique permettent de propager l’enseignement de la Savate boxe française et jouent un rôle important dans la reconnaissance de cette discipline, d’une certaine façon elle l’institutionnalise. Dans toutes les fêtes organisées, les prestations de boxe française sont exécutées pour assurer un spectacle gratuit qui participe donc à la consécration des valeurs républicaines.
En 1852, le Prince Louis Napoléon Bonaparte fonde l’école militaire de Joinville, où la boxe française est enseignée comme premier "sport de combat". Elle est utile à la préparation du soldat. L’École de Joinville vise à la fois l’efficacité et la massification de l’enseignement. Les militaires participent grandement à populariser et développer la Savate.
À partir des années 1850, l’assaut à la touche déclarée semble être la règle commune de la boxe française dans les rencontres publiques. Les coups sont contrôlés. Les coups sont portés mais l’absence d’enchaînements entraîne peu d’effusions de sang et moins de hors combat.
Les années 1900 sont fastes pour la boxe française. Elle est reconnue comme une méthode d’éducation physique complète. Malheureusement, sur le plan sportif, la boxe française n’a pas réussi la même expansion internationale que sa voisine anglaise.

De l’activité gymnique au sport de combat : D’un sport français à un sport international
La première guerre mondiale voit un grand nombre de pratiquants, moniteurs et professeurs mourir. De nombreuses salles de maîtres savatiers ferment et la boxe française vit un lent déclin. De 1918 à 1939, la boxe française vit sur sa réputation de sport éducatif et sans danger.
Aux Jeux Olympiques de 1924, elle est même sport de démonstration, et remporte un vif succès. Toutefois, avant la deuxième guerre mondiale, il lui manque une application réelle et une démonstration de son efficacité pour qu’elle devienne un véritable sport de combat et qu’elle puisse s’exporter facilement à l’étranger.
À la sortie de la guerre 1939-1945, quelques foyers de fidèles pratiquants subsistent et la boxe française est représentée légalement à travers une commission au sein de la Fédération de boxe anglaise. La période débouche sur les premiers championnats de France combat.

Une structuration nationale propice au développement de la discipline
À partir des années 1955-1956, l’activité de la boxe française s’intensifie. La formation des cadres s’intensifie et des grades sont institués.
La boxe française n’est initialement pas construite pour être un "sport" au sens anglais du terme, ses origines gymniques l’en empêche, elle doit faire une révolution dans ses modes de confrontation mais aussi dans ces techniques pour coller au modèle sportif désormais dominant. Un tournant se produit dans les années 60 puisque la boxe française se transforme de manière définitive en sport de combat de compétition.
En 1965 un comité national de boxe française est créé par des enseignants et des responsables. Présidé par le Comte Baruzy, ce comité se donne pour objectif de relancer la discipline. Rejoignant la Fédération Nationale de Judo en 1967 en tant que discipline associées, le comité national de boxe française forme des cadres, hiérarchise les niveaux de pratique et développe la pratique en milieu scolaire et universitaire. Parallèlement la boxe française se développe dans différents pays telle que la Suisse, la Hollande, l’Allemagne, la Grèce, le Canada, et dans des pays francophones d’Afrique.
En 1973 la tendance éducative s’organise en Fédération Nationale de Boxe Française (FNBF) tandis que la tendance "dure" fait scission et se regroupe avec une partie de l’élite sportive en Fédération Nationale de Savate. En 1975 le Ministère de la Jeunesse et des Sports accorde une délégation de pouvoir à la FNBF et fait pression en faveur d’une réunification des deux Fédérations. Cette dernière intervient en 1976 : la FNBF devient alors la Fédération Française de boxe française Savate et disciplines assimilées (Canne, bâton).
En 1985 la Fédération Internationale de boxe française Savate (FIS) est créée. Les premiers championnats d’Europe combat se tiennent à Paris en 1986. Et en 1991, les premiers championnats du monde combat ont lieu.
En 1998 une nouvelle orientation apparaît au sein du comité directeur de la Fédération internationale. Dans un souci de promotion et de compatibilité internationale, l’assemblée générale de la fédération française adopte, comme pour renouer avec ses origines, la dénomination "Savate boxe française".

Initialement, la savate boxe française est un ensemble de techniques de combat et de défense pratiquée dans les milieux populaires et qui s’est étendue à toutes les couches de la société dans des perspectives personnelles, pédagogiques puis d’agrément.
Désormais, elle est pratiquée au sein de clubs sportifs, sous l’égide de la Fédération française de savate boxe française et disciplines associées, délégataire de service public ; et dans certains corps constitués comme la police et l’armée. L’un des rôles de la Fédération française est de maintenir une pratique dans sa forme sportive tout en maintenant son héritage historique.

La savate boxe française n’est pas particulièrement exposée à des éléments la menaçant.
Toutefois, elle se trouve en concurrence avec d’autres sports de contact. La Fédération française de savate, par son travail, regroupe 50 000 licenciés, ce qui en fait la première discipline de sport de contact en France.

La Fédération Française de SAVATE boxe française & D.A, par son action quotidienne et son organisme, concoure non seulement au maintien, mais au développement et à la modernisation de la Savate et de ses disciplines associées.
Le développement de la philosophie de la Savate boxe française par la création d’autres disciplines.

La Savate Forme : Il s’agit d’une pratique sans opposition utilisant les techniques de la Savate boxe française où l’on simule des assauts en musique. Discipline à la frontière des sports de combats et du fitness.

La Savate Défense : La Savate défense et le bâton défense sont des formes de pratique dont le but est de permettre l’apprentissage de techniques visant à développer une compétence d’auto-défense. L’entraînement en Savate défense et en bâton défense vise à développer les capacités réactionnelles du pratiquant face à une agression avec ou sans arme. Sa pédagogie spécifique prend en compte les paramètres intervenant dans une agression, notamment l’aspect
psychologique qui sera traité au travers de 4 jeux de rôles.

La canne de combat et le bâton : IL s’agit d’un ensemble de techniques utilisant une arme en bois conique et contondante. La canne d’une longueur de 95 cm et d’un poids d’environ 120g se tient à une main. Le bâton, long de 140cm, pesant environ 400g, se tient à deux mains. Ces deux disciplines utilisent des mouvements de frappe réalisés avec le côté de l’arme et non avec la pointe. Ce sont des coups qui tranchent, apparentés aux coups de taille du sabre sans les coups de pointe, dits d’estoc.
Les règles techniques des coups et les surfaces autorisées respectent la méthodologie des techniques et le règlement d’arbitrage de la Canne de Combat et du Bâton. L’esprit qui anime ces disciplines dépend de la bonne application de ces principes.

Bibliographie historique non exhaustive :

- ALLIOT Lucien ; PREVOT Gaston, 1958. La boxe française, Éditeur société "La boxe française parisienne", Paris, 191p.

- CERUTTI Luc ; TARRAVELLO Pierre, 2007. Savate, Canne, Bâton au fil des siècles, La véritable Histoire de la Boxe Française, Éditions Deval, Paris, 360 p.

- DELAHAYE Michel, 1994. Savate, chausson et boxe française d’hier et d’aujourd’hui, Guy Trédaniel éditeur, Paris, 201p.

- LALES Christian, 2005. Bien comprendre la Savate boxe française pour mieux l’enseigner, Chiron éditeur, Paris, 255p.

- LOUDCHER Jean-François, 2000. Histoire de la Savate du chausson et de la boxe française (1797-1978), L’Harmattan, Paris, 306p.

- PLASAIT Bernard, 1971. Défense et illustration de la Boxe française, Sedirep, Boulogne, 173p.

Personne(s) rencontrées

Joël Dhumez, Président de la Fédération Française de SAVATE boxe française & D.A

Coordonnées

Adresse : 49 rue du faubourg Poissonnière - 75009 Paris
Téléphone : 01 53 24 60 60
Fax : 01 53 24 60 70
Adresse de courriel : webmaster@ffsavate.com
Site web 

Nom des rédacteurs de la fiche : Marlène Cieslik et Virgile Renaudie, membres du comité directeur de la Fédération Française de Savate boxe française.

N° d'inventaire Ministère Culture : 2014_67717_INV_PCI_FRANCE_00328
Identifiant ARK : ark:/67717/nvhdhrrvswvk29q

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