La crémation des Trois Sapins à Thann

La Crémation des Trois Sapins est une célébration locale de saint Thiébaut, patron de la ville de Thann, qui se déroule annuellement le 30 juin.

Cette fête évoque la fondation légendaire de la ville à partir de la translation d’une relique de Sant’Ubaldo, évêque de Gubbio. Le moment central de la fête, la mise au feu des trois sapins sur la place centrale, évoque l’inflammation prodigieuse des trois sapins dans la forêt, relatée dans le récit légendaire comme signe de la présence des reliques de Sant’Ubaldo. Le lien mythique avec l’Italie est actualisé par un jumelage, scellé officiellement en 1958, avec la ville de Gubbio qui partage avec Thann le même saint patron. Des délégations officielles et des pèlerins sont accueillis chaque année dans l’une et l’autre ville à l’occasion des fêtes où le saint patron protecteur est vénéré.

La fête de la Crémation des Trois Sapins associe des célébrations religieuses à des manifestations populaires. La brochure de l’office du tourisme présente la manifestation comme une "fête traditionnelle, mi-profane, mi-religieuse qui attire de 5 000 à 10 000 visiteurs". Avant la fête officielle, le soir du 29 juin, un groupe de pèlerins eugubins est accueilli par les référents alsaciens de l’association Eugubini nel mondo et invité à un pique-nique auquel participent les élus de Thann et les acteurs principaux de la fête. Les membres des différentes confréries eugubines (S. Giorgio et S. Ubaldo) échangent des moqueries et des chants. Des dons sont offerts par les pèlerins aux référents alsaciens de l’association Eugubini nel mondo qui ont offert le pique-nique.
Au soir du 30 juin (veille du 1er juillet où l’Église commémore la translation de la relique de saint Thiébaut de Gubbio à Thann), la ville accueille les représentants des corps constitués et ses invités à l’hôtel de ville pour y honorer les "crémateurs". Un peu plus tard, des vêpres sont célébrées à la collégiale en l’honneur du saint évêque. Autrefois en latin, ces vêpres étaient une copie légèrement modifiée de celles chantées à Gubbio, et ce antérieurement au XVe siècle. Les chorales réunies pour l’occasion, chantent aussi en italien l’hymne à saint Thiébaut "O lume della fede" cher aux Eugubins, repris par toute l’assistance. Le célébrant bénit la foule avec la relique conservée depuis des siècles à Thann et exposée pour l’occasion. À la fin de l’office, cette relique peut être vénérée par les fidèles. Au sortir des vêpres, un cortège composé des élus, des autorités administratives, de délégations officielles des villes jumelées, accompagné d’une harmonie musicale, parcourt des rues du centre historique derrière la statue processionnelle de saint Thiébaut (XVe) pour rejoindre la place Joffre où les trois crémateurs désignés par le conseil municipal vont bouter le feu aux sapins sous les yeux d’une très nombreuse assistance. La fête est suivie d’un feu d’artifice et d’une illumination de la collégiale. Des écrans positionnés à l’extérieur de la collégiale diffusent les images des vêpres et de la crémation. Durant la procession, un film d'une vingtaine de minutes retrace la légende de la fondation de la ville. Les saynètes sont interprétées par les comédiens de l'association "Les Bâtisseurs de saint Thiébaut". Pendant que les pèlerins italiens se retrouvent pour un pique-nique à base de charcuterie de Gubbio, les membres de la municipalité et les référents français de l’association Eugubini nel mondo sont invités à une réception à la mairie qui clôture officiellement la fête avec des échanges de dons entre le maire de Thann et les délégués des villes jumelées, dont Gubbio.

La cérémonie religieuse (vêpres) se déroule à l’intérieur de la collégiale de Thann et la fête profane sur la place Joffre entre l’église et l’hôtel de ville (crémation des sapins).
La collégiale est inscrite à l'Inventaire général du patrimoine culturel qui en donne la description suivante :

"Le 1er édifice remonte sans doute à la 1re moitié du XIIIe siècle (tour, chœur, actuelle chapelle Saint-Thiébaut) ; le bas-côté sud qui se trouve à l' emplacement de l'ancienne nef, aurait été élevé durant la 1re moitié du XIVe siècle (murs sud et ouest vers 1310, arcades après 1324, voûtement à la fin du XIVe siècle) ; façade occidentale de 1346 à la fin du XVe siècle (daté 1498, marque et initiales de Rémy Faesch sur le campanile) ; le chœur commencé en 1351 n' est achevé qu'en 1423 (consacré en 1422) ; tour nord commencée en même temps que le chœur est construite en 4 étapes, 1468 : achèvement du 2 e niveau, 1483 : achèvement du 3e niveau, octogone et flèche construits de 1506 à 1516 par Rémy Faesch ; bas-côté nord commencé en 1430 (inscription), achevé en 1455 (date à laquelle sont exécutés les vitraux) , les travaux sont probablement dirigés par maître Bernhard, cité comme Werkmeister de la collégiale en 1449 ; le voûtement de ce collatéral n'est exécuté qu'en 1492 (date gravée sur une clé de voûte) ; le vaisseau central est commencé après la démolition de la nef provisoire (1446 ou 1456) ; ses fenêtres hautes sont exécutées d' après un dessin de Hans Russenstein vers 1474 ; les arcs-boutants et la voûte sont l'oeuvre de Rémy Faesch (datée 1495 gravée sur le doubleau est) ; Faesch construit également un jubé en 1521 (détruit en 1726) , une tourelle d'escalier dans le bas-côté sud pour accéder aux étages de la tour sud, qu'il voûte également, enfin une 2e sacristie (1520) ; en 1573 Michel Berck est cité comme maître d'oeuvre (travaux à la tourelle d'escalier ouest de la tour nord) ; construction de la chapelle de la Vierge de 1629 à 1631, élevée grâce à Marie-Madeleine de Ruest, née à Sickingen ; restaurations durant tout le XIXe siècle ; la plus importante est dirigée par Charles Winkler de 1878 à 1895 (portail ouest, toit de la tour sud, pinacles ajoutés sur les culées des arcs-boutants, exécution de 38 statues, réfection de l'intérieur) ; une restauration très importante est nécessaire après la guerre de 1914-18, ainsi qu'après celle de 1939-45, qui ont durement touché l'église ; la dernière restauration va s'achever dans les prochaines années par la façade ouest ; marques de tâcheron très nombreuses" (Inventaire général, réf. : IA00024314).

La place Joffre se situe entre le côté est de la collégiale et l’hôtel de ville. Le dallage, rénové en 2004, comporte des matériels photogènes qui évoquent le scintillement des brindilles produit par la crémation des sapins.

"Les sapins sont réalisés par les services techniques de la Ville. Coupés dans la forêt locale, ils sont dépouillés de leurs branchages. Les troncs sont sciés sur toute leur longueur sauf 1m50 à la base selon des plans perpendiculaires grâce à une scie à châssis multilames bien spécifique. Le matin du 30 juin, les sapins sont écartelés puis bourrés de copeaux de bois et autres matériaux inflammables. Les branches de sapin sont utilisées pour décorer. Le crémateur procède à la mise à feu grâce à une torche." (Brochure préparée par l’office de tourisme intitulée : "Crémation, une légende et un haut lieu de pèlerinage.")

Le reliquaire comprend quatre pièces :

- Le reliquaire proprement dit (l’enveloppe) dont l’Inventaire général (ref. PM6800400) donne la description suivante : "Reliquaire exécuté en 1793 par Jaeger de Thann, le couronnement néogothique date du XIXe siècle". Selon la légende, la relique serait constituée par le pouce droit de l’évêque. S’appuyant sur les résultats des dernières expertises scientifiques (1975-1976), les acteurs locaux considèrent que la relique proviendrait du corps de Sant’Ubaldo mais qu’il ne s’agirait pas de son pouce mais d’un fragment de peau de 35 mm provenant de la partie externe de l’auriculaire de la main droite. La confusion est attribuée à la forme conique du flacon qui contient la relique et qui rappellerait celle d’un pouce.

- Un angelot d’or sert de support à la relique enchâssée dans un flacon en cristal.

- Le flacon en cristal de roche qui contient la relique, a été daté du IXe siècle (donc bien antérieur à saint Thiébaut lui-même). D’art fatimide, il aurait été fabriqué en Égypte et aurait servi à la conservation de parfum.

- La relique, morceau de peau trapézoïdale, du saint évêque. Les bords déchiquetés de cette relique seraient la preuve du fait qu’ elle aurait été prélevée par arrachement (donc immédiatement après la mort du saint homme, le corps étant encore chaud, ce qui accréditerait les événements rapportés dans la légende).

Statue processionnelle de saint Thiébaut
La statue de St. Thiébaut portée en procession après les vêpres représente saint Thiébaut de Thann assis, accompagné de deux pèlerins. Cette œuvre, classée monument historique, date du premier quart du XVIe siècle (Inventaire général, référence PM68000384).

À noter qu’une autre statue de saint Thiébaut (art rhénan-bâlois du premier quart du XVIe siècle) trône au dessus de l’autel dans la chapelle qui lui est dédicacée à la collégiale.

L’ancien autel de la chapelle a été déposé contre le mur ouest de cette dernière. Le tombeau comprend trois tableaux qui montrent différentes scènes :

- au centre le prélèvement de la relique par le serviteur lorrain

- à droite le serviteur endormi et les trois flammes qui dansent au-dessus de la forêt

- à gauche, le comte de Ferrette, venu à la rencontre du serviteur, promet de construire une chapelle à l’endroit du "miracle du bourdon" (voir historique plus loin).

Espace intérieur sacré et espace extérieur public.

La transmission de la légende et de la symbolique de la fête se fait par immersion au sein du groupe. Les échanges, tant officiels qu'informels, entre les deux villes (dons, invitations, participations aux fêtes respectives) fondent le lien contemporain entre la fête de la Crémation des Trois Sapins et la Corsa dei ceri à Gubbio (voir historique plus loin). La transmission de la pratique contribue à maintenir et pérenniser le lien légendaire entre Sant’Ubaldo et la ville alsacienne.
À plusieurs reprises, des chanoines de Thann se sont rendus à Gubbio au cours des derniers siècles pour vénérer le saint et obtenir d’autres reliques du saint, mais en vain. Le chanoine Robert Barth et Monseigneur B. Ubaldi sont à l’origine, après la seconde guerre mondiale, du rapprochement et des échanges entre les deux communautés. Les Trois Sapins de Thann sont interprétés comme une réplique transposée de la Corsa dei Ceri de Gubbio. On retrouve là aussi le chiffre 3, symbole de la sainte Trinité.
Aujourd’hui, des associations des deux villes ont des échanges réguliers et se retrouvent tant à Thann qu’à Gubbio. Différentes classes d’établissements scolaires ont déjà fait le voyage et organisé des échanges.
Afin d’assurer la transmission et l’apprentissage de la légende, des nouvelles activités scolaires ont été récemment développées. Un jeu est organisé le 30 juin afin de faire participer les élèves des écoles primaires. Celui-ci consiste en un questionnaire adapté selon l'âge des enfants concernés sur la légende de saint Thiébaut, la fête de la crémation et la collégiale de Thann. La sensibilisation dans les établissements scolaires passe également par la tenue de conférences sur l'iconographie de saint Thiébaut. Réalisées par le président de la société d'histoire "Les Amis de Thann", ces conférences sont également proposées au grand public.

Thann et Gubbio

Des évidences scientifiques sont mobilisées pour associer l’origine de la ville à la légende : selon l’ancien président de la société d’histoire "Les Amis de Thann", "des philologues qui font autorité admettent que le toponyme de Thann est dérivé du vieux haut-allemand "tanna" qui signifie "sapin" (Baumann 1981 : 14)". L’étymologie du nom de la ville rejoindrait donc la légende de fondation et la fête qui la réactualise.
D’après les archives municipales, la fête remonterait au milieu du XVe siècle, et aurait rassemblé tous les ans pèlerins et marchands du 30 juin au 3 juillet. En effet, la maison d'Autriche avait autorisé la ville de Thann à tenir quatre foires annuelles, l'une d'elles se déroulant entre le 30 juin et le 3 juillet, lors de la fête.
Cette fête n’a jamais été véritablement institutionnalisée. Jean Ulrich Surgant, auteur du "Manuale curatorum", un manuel à l’usage du chargé d’âmes au début du XVIe siècle, y décrit les pratiques mises en œuvre pour la cérémonie religieuse. Hormis cet ouvrage, il n’y a pas de documentation particulière sur l’organisation de la fête, sauf à des moments très exceptionnels : 1861, 1961, fêtes du VIIe et VIIIe centenaire de la fondation de Thann selon la légende où les festivités ont été préparées avec un soin particulier et dont les archives municipales et la presse gardent la trace.
Une chose est sûre, il n’y a pas toujours eu trois sapins et la fête n’a pas toujours été célébrée le 30 juin. Dans le récit que le docteur Platter, médecin de Bâle, fait de son séjour à Thann en 1558, on peut lire :

"Le vendredi 1er juillet, après avoir dîné chez Surgant, le couple assista à la crémation "d’un sapin" sur la place. Les bourgeois de Thann défilaient autour place près de la collégiale ; ils virent affluer une foule de jeunes, portant des flambeaux, qu‘ils allumèrent [(aux flammes du sapin ardent ?)] dressé sur la du feu avec, à leur tête, le Statthalter Jacques Schaeffer, qui portait la bannière…".

La crémation du (des) sapin(s) s’est déroulée devant le portail nord de la collégiale depuis l’origine jusqu’en 1841. À cette date, des flammèches mirent le feu à la toiture de l’hôtel des "Deux Clefs" qui brûla. La ville interdit cette manifestation qui se transforma en cérémonie à l’intérieur de la collégiale, mais les petits sapins auxquels on mettait le feu dégradaient l’édifice. Il fallut attendre 1861 pour que les « trois sapins » soient restaurés sur la place entre l’hôtel de ville et la collégiale, cette fois à l’occasion du VIIe centenaire de la fondation de la ville selon la légende.

La fête évoque la fondation légendaire de la ville qui remonterait au 1er juillet 1161. À la suite du décès de l’évêque de Gubbio, en Ombrie, son serviteur aurait regagné son pays natal (Lorraine ou Pays-Bas selon les versions) après avoir placé dans son bourdon l’anneau que l’évêque lui avait promis pour gages avant de mourir. Après avoir franchi les Alpes et la Suisse, celui-ci serait arrivé le 1er juillet à l’entrée de la vallée de la Thur à l’emplacement de la ville actuelle, qui n’était alors qu’une épaisse forêt de sapins. Harassé de fatigue, il se serait endormi. La légende veut qu’à son réveil, lorsqu’il voulut reprendre sa route, il constata avec stupeur que son bourdon adhérait au tronc du sapin. À ce moment-là du haut de son château de l’ "Engelsbourg" (Engelbourg), le comte de Ferrette vit trois feux scintiller au dessus de la forêt. Arrivé sur le lieu du prodige, il rencontra le serviteur qui lui montra le contenu de son bourdon : un anneau auquel adhérait le pouce de l’évêque. C’est ainsi donc qu’un fragment de peau du saint homme serait arrivé en Alsace. Le comte promit de faire construire une chapelle en l’honneur de saint Thiébaut et le bourdon se serait alors détaché du sapin. La renommée de ce miracle attira des foules de plus en plus importantes et qui venaient de plus en plus loin ; c’est autour de cette chapelle que la ville de Thann se serait développée. Sant’Ubaldo, devenu saint Thiebault, devient alors le patron de Thann. Les deux villes partagent le même saint patron et lui consacrent des célébrations annuelles. La fête en l’honneur de Sant’Ubaldo à Gubbio est ainsi associée par les acteurs locaux à celle en l’honneur de St. Thiebaut à Thann. Les trois flammes aperçues par le comte de Ferrette au moment où se produisait le "miracle" du bourdon sont aujourd’hui évoquées dans la fête de la Crémation des Trois Sapins.
Un lien est établi par les acteurs thannois entre les installations et les pratiques fondatrices des fêtes de Thann et de Gubbio. Pour eux, la Crémation des Trois Sapins est une transposition de la fête des Ceri de Gubbio ; celle-ci a lieu tous les 15 mai pour commémorer la mort du saint évêque. Des "cierges" en bois de 5 mètres de hauteur, surmontés des statues des trois saints protecteurs des trois confréries de la ville (S. Ubaldo, S. Giorgio et S. Antonio), sont fixés sur des brancards portés sur les épaules par des ceraioli (porteurs de cierges) qui se relayent dans une course épique à travers les rues de la ville avant de rejoindre la basilique du Monte Ingino où repose le saint.
Dans l’interprétation contemporaine des acteurs de la fête, une analogie associe donc les trois sapins et les tre ceri de Gubbio. Les liens imaginés entre les deux manifestations s’étendent aux pratiques associées aux deux fêtes : ainsi, de la même manière que les morceaux des brocs cassés au commencement de la fête à Gubbio sont récupérés par les participants et gardés à la maison pour les vertus protectrices qui leur sont attribuées, les morceaux des "sapins" tombés sur place lors de la crémation sont conservés par les Thannois qui leur attribuent des vertus analogues… (entretien avec Valérie Calligaro).

Le lien mythique associant les villes de Thann et de Gubbio est réactualisé par les acteurs contemporains de la fête : le jumelage signé entre les maires des deux villes en 1958 officialise le lien établi par la légende entre Thann et Gubbio qui partagent le même saint patron. Ce jumelage implique la participation des délégations officielles et des pèlerins aux fêtes des deux villes. La présence à la fête du consul d’Italie à Mulhouse souligne la dimension officielle de ce lien.
Le lien entre les groupes est renforcé par l’échange de dons, tant dans le contexte officiel (entre maire et délégation) que dans les contextes informels entre les hôtes thannois et les invités eugubins qui s’invitent réciproquement à participer aux deux fêtes.
En 1998, les ceri mezzani ont été transportés de Gubbio à Thann pour défiler à l’occasion de la fête alsacienne. Cet événement est évoqué par le discours officiel et par les photos et objets exposés à l’office du tourisme et au musée.

Durant tout le déroulement de la fête, les Thannois comme les Eugubins comparent la Crémation des Trois Sapins et la Corsa dei ceri et soulignent les spécificités des deux manifestations.
Les jeunes qui participent aux jeux organisés par la mairie apprennent les fondements de la fête de Thann ainsi que ceux de celle de Gubbio. Les élèves des écoles de Thann sont invités à répondre à des questionnaires sur l’origine de saint Thiébaut ("De quelle ville était-il évêque ? Dans quel pays ?") ainsi que sur la fête organisée en son honneur à Gubbio :

"Dans la ville de Gubbio, en Italie, en l’honneur de saint Thiébaut :


- Des hommes courent en portant 3 ceri (des grands cierges)
- Une course de chevaux est organisée dans les rues de la ville
- Un énorme chariot enflammé traverse la rue principale ?"

- Site internet

La Ville de Thann organise et finance la manifestation.
Dans le musée des Amis de Thann, deux vitrines positionnées l’une face à l’autre exposent des objets, des documents et des photos qui présentent la fête de Thann ainsi que celle de Gubbio.

Un reportage sur la chaîne de télévision locale (FR3) est diffusé quasiment chaque année lors de la fête. Un reportage est ponctuellement diffusé sur la chaîne de télévision nationale (TF1).

Supports multimédia :

- Une vidéo produite par Gubbio (Crémation des 3 Sapins, Danae film production, Gubbio, 2002).

- Une vidéo a été produite par l'association culturelle Les Bâtisseurs de saint Thiébaut (Thann, la légende de saint Thiébaut, Weber Video, Soultzmatt, 2004). Les comédiens mettent en scène la légende de saint Thiébaut. La vidéo est projetée sur le mur de la collégiale entre les vêpres et la crémation des sapins.

- À l’occasion du 50e anniversaire du jumelage entre Gubbio et Thann un DVD multilingue, produit par la ville de Gubbio, retrace le lien légendaire qui lie les deux villes : Gubbio-Thann, le ragioni di un gemellaggio, Danae film production, Gubbio, 2008.

Site internet :
- Ville de Thann 

Une vitrine de l’office du tourisme est entièrement consacrée à la fête. Les sapins en miniature sont présentés dans les différentes étapes de leur construction. À coté des sapins figurent des reproductions en miniature des ceri de Gubbio ainsi que des photographies de la fête italienne.
Les affiches de la fête des années précédentes sont présentées dans la vitrine de l’office du tourisme.
L’office du tourisme diffuse une brochure explicative et le programme de la fête.

- Sites internet :
- Office de tourisme du Thann
- Guide du routard
- Destination alsace

En italien :

- CENCI Pio, 1924. Vita di S. Ubaldo, vescovo et patrono di Gubbio, Gubbio.

- UBALDI Beniamino, 1947. Thann e Gubbio. Nella storia e nella légenda di S. Ubaldo, Gubbio.

- Centro turistico giovanile, 1960. Il padre della patria, Gubbio.

- BRACCINI Ubaldo, 1993. La mano di S. Ubaldo, Assisi (Pg).

- DA TIFERNO Giordano, 1979. Vita di S. Ubaldo, édité par la "Familia dei Santantoniari", sous la direction de A.M. Fanucci, Gubbio.

- Teobaldo, 1860. Leggenda del Beato Ubaldo, vescovo di Gubbio, typographie de l’Évêché, Gubbio. Santuario di S.Ubaldo, périodique bimestriel, Gubbio.

En français :

- BAUMANN Joseph, 1981. Histoire de Thann des origines à nos jours, SAEP Ingersheim.

- ROHMER André,1986. Saint-Thiébaut (Gubbio-Thann), Bulletin spécial de la société d’histoire "Les Amis de Thann", Thann.

- GIORDANO, Vie de S. Ubald, édition et traduction (française) de F. Dolbeau, Cannara (Pg), 2000.

- ROHMER André. "Petite et Grande Histoire", différents articles Gubbio-Thann dans les n° 12, 13, 23, et dans le n° 6, Denis Ingold.

- KIRNER R., 1994. La Collégiale de Thann. Traduction de P. Salciarini, Gubbio.

- SALCIARINI P., 1993. "Les origines du piédestal de Saint Thiébaut, la Collégiale", Les Amis de Thann-Petite et grande Histoire, n° 8, février.

- Transmission de la pratique aux nouvelles générations à travers les activités avec les écoles (voir supra).

- Jumelage entre Thann et Gubbio :

"Nous Pierre Schiélé, maire de Thann et Joseph Bey Clementi, maire de Gubbio, persuadés de satisfaire aux aspirations des deux cités, réunis pour augmenter les liens spirituels et éternels scellés par un patron commun, Saint Ubald et par les relations permanentes de la collaboration tendant à favoriser et à augmenter les sentiments de fraternité européenne, venons de conclure en ce jour, l'engagement solennel de maintenir et favoriser les liens étroits d'amitié entre les deux communes, de conjuguer nos efforts pour une coexistence en faveur de la fraternité européenne, pour obtenir des résultats concrets, solides et historiquement possibles de prospérité et de paix, pour sauver les valeurs spirituelles et humaines qui existent encore dans la société actuelle".


Tels sont les termes de l'acte de jumelage signé le 16 mai 1958 à Gubbio, et ratifié par le conseil municipal de Thann le 29 juin 1958. Depuis cette date, les échanges entre les deux cités se sont multipliés :

- échanges scolaires : voyage et accueil de classes et d'enseignants
- échanges culturels : orchestre, chorale, groupes folkloriques
- échanges économiques : hôteliers, restaurateurs, commerçants, office de tourisme...

Tous les 15 mai, une délégation thannoise se rend à Gubbio pour participer à la fête des 3 cierges, tandis qu'une délégation italienne assiste chaque année à la Crémation des Trois Sapins.
En 2008, les deux villes ont fêté leurs cinquante ans de jumelage. À cette occasion, les lanceurs de drapeaux ainsi que la banda (orchestre) de Gubbio se sont produits lors de la Crémation des Trois Sapins à Thann.

- Route européenne de la Paix Lübeck-Rome (itinéraire culturel européen).
La notion d'itinéraire culturel européen est née au sein du Conseil de l'Europe en 1987, à l'initiative du Conseil de la coopération culturelle. Le but essentiel est d'inviter les Européens à parcourir et explorer les chemins réels ou imaginaires où l'identité européenne s'est forgée, de les aider à trouver de nouvelles possibilités d'épanouissement dans des formes de tourisme culturel.
Le projet puise ses racines dans les grands courants religieux, artistiques, scientifiques et économiques véhiculés par les générations de pèlerins à travers l'Europe entière.
Compte tenu du jumelage avec la ville de Gubbio dont les racines sont basées sur le saint patron commun et en référence aux nombreux pèlerinages passant par Thann au Moyen Âge, la Ville de Thann a décidé de prendre part à la démarche de création d'une Route européenne de la Paix Lübeck- Rome en signant un protocole d'adhésion dès 2001.

Le 27 décembre 2007 a été constituée à Gubbio, en Italie, l'association dénommée "la Route européenne de la Paix Lübeck-Rome".

Voici quelque-uns des membres fondateurs de cette association :
– La "Comunità Montana dell'Alto Chiascio" ayant son siège à Gubbio
– La "Comunità Montana Catria e Merone" ayant son siège à Cagli
– La municipalité de Gubbio
– La municipalité de Cagli
– La municipalité d'Urbino
– La Région d'Urbino
– La "Comunità Montana dell'alto e Medino Metauro" ayant son siège à Urbania
– La municipalité de Valfrabrica
– La municipalité de Folgino.

L'objectif de cette association est de promouvoir la réalisation d’un itinéraire culturel européen basé sur la valeur de la paix, pour la valorisation des ressources historiques, religieuses, artistiques, touristiques, relatives au paysage et aux produits typiques, présents sur son parcours qui passe à travers cinq États européens : l’Allemagne, la France, la Suisse, l’Italie et l'État du Vatican.
Les actions de l'association consistent, entre autres, à favoriser les échanges, les animations ainsi que les possibilités d'accueil touristique.

On trouve sur le parcours de la Route les villes suivantes :
- Lübeck, Hambourg, Brême, Osnabrück, Munster, Dortmund, Bochum, Essen, Duisburg, Düsseldorf, Cologne, Bonn, Coblence, la Vallée du Rhin avec Bacharach et Bingen, Mayence, Worms, Spira, Strasbourg, Colmar et Thann, Mulhouse, Bâle, Luzerne, Altdorf, Andermatt, Bellinzona, Lugano, Côme, Cantù, Monza, Milan, Lodi, Piacenza, Fiorenzuola d’Arda, Fidenza, Parme, Reggio Emilia, Modena, Bologne, Imola, Faenza, Forlì, Cesena, Rimini, Pesaro, Fano, Fossombrone, Urbino, Cagli, Cantiano, Gubbio, Valfabbrica, Assise (Sentier Franciscain de la Paix), Spello, Foligno, Trevi, Spoleto, Terni, Narni, Magliano Sabina, Civita Castellana, Rignano Flaminio, Rome, État du Vatican, Place et Basilique Saint-Pierre.

Référence bibliographique : AMBROGI Maria Vittoria ; BELARDI Giambalo. La strada europea della pace Lubecca-Roma, 2002, avec l'intervention de Igino Gagliardoni, Gubbio, pp.150-152.

Personne(s) rencontrée(s)

- Tino Calligaro, référent pour la France de l’association Eugubini nel mondo

- Valérie Calligaro, référent pour la France de l’association Eugubini nel mondo

- Michel Habib, conseiller général, 1er adjoint au maire de la ville de Thann

- Mauro Pierotti, président de l’association Eugubini nel Mondo

- André Rohmer, président de la société d’histoire "Les Amis de Thann"

- Yvonne Strozik, 6e adjointe au maire (culture, animations et jumelages).

Localisation (région, département, municipalité)

Alsace, Haut-Rhin, Thann

Adresse : Mairie de Thann 1, place Joffre
Ville : Thann
Code postal : 68 800

Téléphone : 03 89 38 53 00
Fax : 03 89 38 53 10
Site Web 

Indexation : 123400 (fête); 912431 (vénération des reliques) 942400 (feu); 756200 (légende)

Dates et lieu(x) de l’enquête : Thann, 29 et 30 juin et 1er juillet 2009.
Date de la fiche d’inventaire : 15 octobre 2009
Nom de l'enquêteur ou des enquêteurs : Chiara Bortolotto

Commentaires
Lors d’une réunion d’information organisée à la mairie de Thann le 30 juin 2009, les acteurs locaux du patrimoine ont pris connaissance du projet d’inventaire et ont proposé de collaborer à sa rédaction. Sur la base d’une première version rédigée par l’ethnologue, les acteurs du patrimoine ont complété les renseignements à travers des échanges de courrier électronique.
Les apports des acteurs thannois du patrimoine sont les suivantes :
Identification sommaire (A. Rohmer)
Description (A. Rohmer, M. Habib, Y. Strozik)
Lieu d'exercice (A. Rohmer)
Apprentissage et transmission (Y. Strozik)
Historique (A. Rohmer)
Actualisation de la pratique, du lieu et des savoir-faire (A. Rohmer, M. Habib, Y. Strozik)
Intérêt patrimonial et mise en valeur (A. Rohmer, Y. Strozik)
Mesures de sauvegarde (Y. Strozik).

N° d'inventaire Ministère Culture : 2009_67717_INV_PCI_FRANCE_00045
Identifiant ARK
: ark:/67717/nvhdhrrvswvk2wz

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