La fête de Saint-Léon à Marseille

Fête de Saint-Léon, patron de Sperlonga

La fête se déroule le premier dimanche qui suit le 10 novembre, jour de la mort de saint Léon le Grand.

La fête se déroule le premier dimanche qui suit le 10 novembre, jour de la mort de saint Léon le Grand. Les fidèles se ressemblent devant l’église de Saint-Laurent, dans le quartier Saint-Jean. À l’intérieur de l’église, les statues de saint Léon et saint Roch, son coadjuteur, sont posées sur des supports dans une chapelle sur la droite de l’autel. Des porteurs d’origine sperlongaine prennent les statues et les sortent de l’église. Les chevaliers de Saint-Lazare ouvrent le cortège suivis par la présidente du comité de la fête qui porte un drapeau français d’un côté et italien de l’autre (à l’intérieur duquel il y a une image de saint Léon), et ensuite par les statues et le clergé. Le son des cloches se mêle à celui de la fanfare jusqu’à l’arrivée des statues sur le parvis de l’église donnant sur le port. Le prêtre rappelle l’origine de la fête et son lien avec la communauté sperlongaine et procède ensuite à la bénédiction de la mer, de la ville, des bateaux de pêcheurs. Une procession, ouverte par une fanfare, défile dès l’église Saint-Laurent à travers les rues du quartier Saint-Jean jusqu'à la cathédrale de la Major. La procession s’arrête sur la place en face de Notre-Dame de la Garde et reprend son parcours. Les chevaliers de Saint-Lazare suivent les statues et précèdent les fidèles. Depuis 2008, ils participent à la procession pour honorer saint-Lazare dont la relique est conservée à l’intérieur de la cathédrale. Une messe est célébrée dans la cathédrale et suivie d’un apéritif organisé par le comité des fêtes.

Statue de saint Léon : une première statue de saint Léon, vénérée par les Sperlongains de Marseille, a été détruite pendant la guerre. En 1950, M. Petronio et M. Galli, président et vice-président du comité de la fête de Saint-Léon, ont commandité une autre statue. Leurs noms sont inscrits sur les plaques apposées sur la partie inférieure des statues. Cette statue fut abritée pour quelques années dans l’église Saint-Augustin dans l’attente d’être transportée dans la cathédrale.
Ensuite elle a été accueillie pendant quatorze ans dans la chapelle Sainte-Catherine dans l’église Saint-Laurent. Suite à la fermeture de cette dernière, elle a été transportée à la cathédrale où elle se trouve actuellement.

Le quartier Saint-Jean est considéré par les organisateurs de la fête "comme un village, où les gens se connaissent tous". Lors de leur arrivée à Marseille, les immigrés italiens ont choisi ce quartier, situé près du port qui était leur lieu de travail.

Les responsables du comité des fêtes sont aujourd’hui les filles de Luigi Petronio et de M. Benedetto Galli, arrivés à Marseille pour travailler comme pêcheur (M. Petronio) et cordonnier (M. Galli). Elles ont pris la relève à la demande de leurs parents et, depuis les années 1990, s’occupent de la célébration de l’organisation de l’apéritif offert après la messe dans la cathédrale.
L’Hymne de Saint-Léon, chanté pendant la messe et la procession, a été ramené d’Italie, à la fin des années 1990, par Mme Cicarelli qui a récolté son texte à Sperlonga et a transmis par le chant la mélodie, transcrite par l’organiste de la cathédrale.
Toujours présente dans les souvenirs et les discours des anciens émigrés sperlongains, la fête de Saint-Léon est aujourd’hui organisée pour faire participer les jeunes générations. La célébration est une occasion de rencontre pour la communauté des Sperlongains qui prolongent la fête par des réunions de famille dans les maisons ou au restaurant.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, une importante vague d’immigration italienne arriva à Marseille. Les pêcheurs napolitains de Gaeta, Formia, Ischia et Procida furent attirés à Marseille par les campagnes de pêche. Les nouveaux arrivés se faisaient vite naturaliser car la loi prévoyait que les équipages des bateaux soient composés au moins pour les deux tiers de Français. (Sportiello 1981).

La statue de saint Léon, protecteur de la ville de Sperlonga, dans le sud du Latium, arriva dans l’église de Saint-Laurent en 1922. Les images du culte des madones de la Civita et de Porto-Salvo ainsi que celles des Sants Cosma e Damiano, protecteurs des pêcheurs napolitains qui habitaient le quartier Saint-Jean, avaient déjà été accueillies dans cette même église. La ville de Sperlonga fête ses saints patrons, saint Léon et saint Roch, le premier dimanche de septembre. Selon la légende, saint Léon aurait sauvé Sperlonga de l’invasion d’Attila. Dans la ville italienne il est associé à saint Roch, qui protégerait la communauté des épidémies.
Auteur de plusieurs miracles favorables aux Sperlongains, saint Léon fut invoqué par les Sperlongains émigrés à Marseille devant les menaces de la deuxième guerre mondiale. Un feu d’artifice lui a été annuellement offert jusqu’à l'explosion du conflit. Disparue lors d’un pillage de l’église Saint-Laurent, la statue de saint Léon fut remplacée par une nouvelle statue commandée par le comité des fêtes et payée grâce à une collecte. Après avoir été temporairement accueille par plusieurs églises, la statue fut ramenée à Saint-Laurent (SPORTIELLO Anne, 1981. Les pécheurs du Vieux-Port. Fêtes et traditions de la communauté des pêcheurs de Saint-Jean, Édition Jeanne Lafitte, Marseille.).
À l’origine de la fête de Sain-Léon à Marseille se trouve Luigi Petronio, émigré à Marseille en 1950. Déjà membre du comité de la fête de Saint-Léon à Sperlonga, il s’est chargé de son organisation à Marseille pendant 40 ans. Dans les premières années, les années 1950, la fête se prolongeait pendant trois jours (samedi, dimanche et lundi) et son envergure était déterminée par la présence des musiciens italiens, invités pour l’occasion et hébergés par les familles des Sperlongains. Ces musiciens accompagnaient les défilés des Sperlongains sur les quais du vieux port.
Dans les années suivantes la fête a pris une forme plus discrète. Si la messe était toujours célébrée, de 1985 à 1990, la procession a été arrêtée. À partir de 1990, Mme Cicarelli et Mme Capomaggio, filles des organisateurs de la fête, ont pris la relève : suite à la célébration de la messe, une bénédiction de la mer était organisée sur le parvis de la cathédrale. Depuis la fin des années 1990, à l’initiative du curé de la cathédrale de Marseille, le père Ottonello, d’origine napolitaine, la procession a été relancée.

Le consul d’Italie à Marseille participe à la messe et à la procession. Tous les ans, des articles dans la presse locale parlent de la fête et de son origine.

- SPORTIELLO Anne, 1981. Les pécheurs du Vieux-Port. Fêtes et traditions de la communauté des pêcheurs de Saint-Jean, Édition Jeanne Lafitte, Marseille.

Personne(s) rencontrée(s)

Père Alain Ottonello, curé de la cathédrale de Marseille
Mme Capomaggio, présidente du comité de la Fête de Saint-Léon
Mme Cicarelli, présidente du comité de la Fête de Saint-Léon

Localisation (région, département, municipalité)

Marseille, Bouches‐du‐Rhône, Provence‐Alpes‐Côte d'Azur

Indexation : 306 (Fête) ; 1943 (Procession).

Dates et lieu(x) de l’enquête : 14, 15, 16 novembre 2009 Chiara Bortolotto
Date de la fiche d’inventaire : 16 janvier 2010
Nom de l'enquêteur ou des enquêteurs : Chiara Bortolotto
Nom du rédacteur de la fiche : Chiara Bortolotto

N° d'inventaire Ministère Culture : 2010_67717_INV_PCI_FRANCE_00084
Identifiant ARK : ark:/67717/nvhdhrrvswvk21h

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