Le végétal en Normandie : la source et le chêne Saint-Méen

Rituel, très étroitement associé à la légende de saint Méen, implique conjointement une source et un chêne dit "à loques" en vue d’une guérison des maladies de peau.

 

Le Pré-d’Auge est une commune rurale du pays d’Auge située à quelques kilomètres au Nord-Ouest de la ville de Lisieux. Sur son territoire, au milieu d’une pâture, dans un espace quasi-circulaire délimité par un enclos blanc, se pratique un rituel de guérison impliquant conjointement une source et un chêne dit "à loques". L’entretien du site où se joue le rituel est assuré de génération en génération par une famille de châtelains propriétaire des lieux.

Le Pré-d’Auge est une commune rurale du pays d’Auge située à quelques kilomètres au Nord-Ouest de la ville de Lisieux. Sur son territoire, au milieu d’une pâture, dans un espace quasi-circulaire délimité par un enclos blanc, se pratique un rituel de guérison impliquant conjointement une source et un chêne dit "à loques".

Le site visé par l’inventaire se compose de plusieurs éléments :

- Le chêne saint Méen : Poussant au milieu d’une pâture dans un espace enclos, le chêne saint Méen est un arbre plusieurs fois centenaire qui, bien que cette qualité soit invraisemblable, est parfois dit "millénaire".
Quoiqu’il en soit, son grand âge est attesté par un tronc creux depuis déjà longtemps, lequel abrite dans sa cavité un petit buste de saint Méen en bois. Cette réplique d’un original précieusement conservé dans le château de la Rivière-Pré-d’Auge par les propriétaires du terrain est visible à travers une niche creusée dans l’arbre.

Le vieux chêne est aujourd’hui en fin de vie. Compte tenu de son extrême fragilité il fut intégralement élagué en 2009 pour éviter que l’unique grosse branche qui subsistait s’effondre sur un visiteur. C’est pourquoi, si on excepte quelques feuilles tendres il ressemble désormais à une haute souche délabrée couverte d’étoffes en tous genres : gants de toilette, mouchoirs, tee-shirts, chaussettes, accrochés par des pèlerins. Il s’agit donc d’un arbre "à loques", lequel est associé à une source appelée "source saint Méen". Celle-ci est un élément essentiel du rituel de guérison puisqu’avant d’accrocher un morceau de tissu au chêne les pèlerins pratiquent des ablutions aux endroits à soigner.

Deux autres chênes cohabitent dans cet enclos champêtre aux côtés de l’arbre saint Méen. Le plus âgé aurait été planté vers 1920 par le comte de La Rivière-Pré-d’Auge, famille aristocratique propriétaire des lieux depuis le XVe siècle. L’occupant actuel du château a quant-à-lui mis en terre le spécimen le plus jeune. À la mort de l’arbre "en fonction" ces individus sont destinés à se succéder en tant que nouveau "chêne saint Méen". Ainsi devrait être transmis d’époque en époque le culte et le rituel de guérison…

- La source saint Méen : Elle est la tête d’un petit ruisseau, appelé "ruisseau saint Méen", qui s’écoule vers le fond du vallon en y devenant un affluant du ruisseau des Vattiers. Le ruisseau des Vattiers devient "ruisseau du Pré-d’Auge" à la suite de sa confluence avec le "ruisseau du Doré" ; le "ruisseau du Pré-d’Auge" étant lui-même un affluant de la Touques qui se jette dans la Manche à Trouville/Mer.
Avec l’arbre éponyme, la source saint Méen est un élément essentiel du rituel de guérison se manifestant au Pré-d’Auge. Avant d’accrocher un morceau de tissu sur le chêne, les pèlerins pratiquent en effet des ablutions. Cette tradition est intimement liée à la légende se rattachant à cette source ; un récit qui sera rapporté dans la troisième partie de cette fiche d’inventaire.

La fontaine saint Méen est partie constituante d’un ensemble inscrit en site classé par les Monuments Historiques. Ce statut a sauvé le chêne d’un incendie le 21 juin 1994 puisque, selon le propriétaire des lieux, les pompiers durent venir en urgence y éteindre un feu ayant vraisemblablement été allumé dans le cadre d’un rituel de solstice Vaudou.
L’ensemble classé comprend, outre la fontaine, l’église Saint-Ouen et le château de la Rivière-Pré d’Auge.

- L’église paroissiale Saint-Ouen : Il s’agit d’un édifice de style roman muni d’un porche datant du XVIe siècle et d’un clocher du XVIIIe siècle. Elle contient deux statues de saint Joachim et de saint Ouen classées Monuments Historiques, mais aussi une statue de saint Méen devant laquelle les pèlerins viennent parfois se recueillir après avoir pratiqué le rituel de guérison auprès de la source et du chêne.

- Le château de La Rivière-Pré d’Auge : Il s’agit d’un édifice du XVIIIe siècle en briques Saint-Jean et silex. Il est depuis toujours la demeure de la famille aristocratique de La Rivière-Pré-d’Auge qui, de génération en génération, se relaie l’entretien et la surveillance de la fontaine et du chêne situés sur sa propriété. À ce titre on peut considérer ce château comme partie intégrante du site du rituel, envisagé ici comme patrimoine culturel immatériel.

L’existence d’un rituel de guérison au Pré-d’Auge est traditionnellement expliquée par la halte qu’y aurait effectuée saint Méen. Voici comment cette légende est toujours aujourd’hui contée par le propriétaire des lieux1 :

"Saint Méen était un moine d’origine Irlandaise qui vivait en Bretagne à la fin du VIe siècle. C’était un grand voyageur qui sillonnait le pays pour évangéliser les populations.
Un jour, se rendant à Rouen pour aller voir saint Ouen, passant par le Pré-d’Auge il s’y reposa. Deux jeunes filles remontaient de l’eau du fond du vallon – la rivière étant en dessous – et il leur demanda à boire. L’une d’entre elles, peu charitable, lui répliqua d’aller en chercher lui-même car il était rude de la remonter. Mais la seconde, plus généreuse, accepta de le désaltérer.
Pour remercier cette dernière il fit jaillir à cet endroit une source d’eau pure afin de lui faciliter sa corvée quotidienne. Quant à toi, dit-il à la première, tu seras couverte de pustules et tu seras obligée de venir te laver là, en priant pour demander ta guérison, ce qui te rappellera ton manque de charité !"

Plusieurs remarques surgissent à la lecture de cette histoire. Tout d’abord ce récit puise ses fondements dans le combat pour l’évangélisation d’un territoire qui fut antiquement voué au paganisme. En effet, il n’est pas anodin qu’il soit fait remonter au passage d’un saint chrétien le jaillissement d’une source à qui l’on prête des propriétés thérapeutiques. À travers ce récit, au lieu d’être associée au miracle d’une divinité païenne, l’existence de ladite source est censée agir auprès des pèlerins comme une attestation du passage de l’évangélisateur, et comme une preuve de son pouvoir. De surcroit, les prescriptions de prières faites à l’endroit de la jeune fille fautive de son manque de charité, et victime pour cette raison d’une éruption cutanée, constituent sans doute une injonction à l’abandon de pratiques superstitieuses. Il serait signifié ainsi que c’est l’acte spirituel chrétien, et non l’accomplissement de gestes, qui contiendrait la clef de la guérison. L’absence de cette légende du chêne saint Méen n’est guère surprenante. Elle parait cohérente avec la logique d’une évangélisation qui a du lutter contre les croyances et pratiques cultuelles impliquant les arbres. C’est d’ailleurs ce combat qui pourrait expliquer l’existence d’une église à seulement quelques centaines de mètres du site sacré, de même que la présence à l’intérieur de l’édifice d’une statue à l’effigie de saint Méen. À l’instar de ce qui s’est produit en d’autres lieux comparables il est possible que les autorités religieuses chrétiennes aient jadis entrepris de rediriger vers l’église un vieux culte païen jusqu’alors associé à l’arbre ; culte qu’elles auraient cherché à christianiser.
Cette tentative de redirection vers l’église d’un rituel de guérison païen originellement associé à l’arbre parait attestée par la présence, dans l’église paroissiale, au pied d’une statue de saint Méen, d’un cahier mis à disposition des pèlerins pour qu’ils y écrivent leurs prières. En voici quelques extraits :

« Saint Méen, aidez moi à enlever mes boutons sur le visage car cela me brûle et avec des médicaments je n’arrive pas à les enlever. Je prie que mes boutons disparaissent à jamais. Merci. Thomas. »

« Saint Méen priez pour moi pour que je guérisse moralement et que mes boutons sur le visage disparaissent, mais surtout que j’aille mieux psychologiquement, et aidez moi dans la vie en général que je sois moins timide. Je vous remercie beaucoup. Aurélie »

« Saint Méen, guérisseur des malades de la peau, ayez pitié de Doriane notre fille qui a de l’eczéma sur les jambes, les pieds, les bras, les mains, le visage. Soulagez, s’il vous plait, ses souffrances, aidez-la à guérir elle qui subit cette maladie depuis 3 ans ½ maintenant. Nous vous en supplions, aidez-nous. Merci. »

« Saint Méen, aide-moi dans mes souffrances physiques et psychologiques. Mes épreuves sont trop lourdes à supporter. Ma dépression dure depuis trop longtemps car mon coeur de mère est blessé de ne plus voir mes enfants et mes petits enfants. L’amour pour tous c’est mon souhait le plus cher. Seigneur tu m’as montré la lumière, je la garde pour toujours. Merci. Monique. »

« Saint Méen, faites que ma fille guérisse de son psoriasis et que ma fille Sandra soit délivrée de ses problèmes psychiques, et que mon fils Christophe cesse de consommer de la drogue. S’il vous plait Saint-Méen, aide nous tous à trouver la paix et la sérénité dans notre vie. Merci Saint-Méen de bien vouloir faire quelque chose pour moi. »

À travers les témoignages laissés sur ce cahier on observe de très nombreuses requêtes qui, certes, concernent dans la plupart des cas la guérison de maladies de peau, mais sans exclusive : des pèlerins viennent en raison de problèmes aux pieds, de paralysies (hémiplégie), et une part non négligeable pour des préoccupations morales (dépressions, malêtre, anxiété), certains visiteurs semblant aussi établir une relation directe entre leur maladie de peau et le fait d’"être mal dans leur peau". Quoiqu’il en soit, les pèlerins s’adressent au saint thaumaturge dans un langage de tous les jours mais suivant une formulation emprunte d’un grand respect et qui vise à l’émouvoir. Comme s’il était une personne capable de sentiments ils cherchent effectivement à le convaincre de les aider. À ce propos on distingue d’ailleurs des attitudes forts différentes : ou bien les personnes supplient personnellement saint Méen ; ou bien (version altruiste) elles émettent cette supplique au bénéfice de quelqu’un d’autre, le plus souvent un membre de la famille qui traverse une période de grande souffrance. Autre remarque : ou bien les pèlerins s’adressent à saint Méen comme s’il était investi d’un pouvoir de guérison ; ou bien ils lui demandent d’intercéder en leur faveur auprès de Dieu. C’est évidemment la seconde attitude qui est encouragée par l’autorité religieuse chrétienne, la première faisant au contraire glisser le rituel vers des croyances magiques relevant du paganisme.

Quoique l’Église ait pu tenter pour combattre le rituel de guérison associant la source et l’arbre saint Méen, cette pratique demeure active. Le propriétaire du site qui retire régulièrement par souci esthétique des loques de l’arbre, a pris pour habitude de noter leur nombre sur un carnet, estime à environ 400 / an (en moyenne) le nombre de pèlerins venant faire leurs ablutions à la source et accrocher un morceau de tissu sur le chêne. Il est possible que cette pratique soit d’autant plus vivace que le rituel n’est plus aujourd’hui religieusement encadré. La cérémonie autrefois organisée chaque dernier dimanche d’août sur le site du chêne et de la source s’est éteinte au début des années 2000. Réalisée avec la participation de la confrérie de charité du Pré-d’Auge, elle consistait en une procession qui partait de l’église Saint-Ouen vers la source saint Méen ; elle se poursuivait par une messe qui s’achevait par une bénédiction des enfants de la part du curé. En vérité cette procession était une version allégée d’un pèlerinage encore plus ancien et complexe, dont même les personnes âgées du village connaissent l’existence sans jamais l’avoir vécu : pour se faire guérir, racontent-elles, il fallait autrefois effectuer un pèlerinage qui partait à pieds depuis Lisieux au Pré d’Auge, faire la quête sur le chemin, et récolter assez d’argent pour que le prêtre puisse dire une messe. Ensuite les pèlerins devaient aller au café en face de l’église s’enquérir d’une bouteille qui n’avait jamais contenu d’eau, la remplir à la source, et revenir prier dans l’église au pied de la statue de saint Méen. On devine ici une forme de lutte contre la pratique des loques accrochées au chêne, et plus généralement contre le rituel de guérison lui-même, puisque les contraintes qui présidaient à son efficacité étaient considérablement plus importantes qu’elles ne le sont devenues…

De nos jours le rituel est effectivement très simplifié : il n’y a plus aucun pèlerinage depuis Lisieux, plus de procession ; et la plupart du temps l’église Saint-Ouen est fermée pour éviter les vols et les dégradations. C’est donc seuls ou en petit groupe que les pèlerins se rendent sur le site de la source et du Chêne en traversant le cimetière et la pâture. Une fois arrivés ils lavent la partie malade de leur peau. Certains se baignent intégralement. Puis, manifestation typique d’un rituel soustractif, ils frottent l’étendue de leur peau qui les fait souffrir avec un bout de tissu qu’ils accrochent ensuite à l’arbre, escomptant ainsi lui transférer le mal. C’est alors qu’ils exécutent une prière à saint Méen, tantôt devant le chêne, tantôt (quand cela est possible) devant la statue du saint à l’intérieur de l’église.
Il est intéressant de noter que ces pèlerins sont parfois guidés vers le lieu sacré par l’agent technique de la commune. Selon lui, en effet, ceux-ci ne sauraient pas toujours comment exécuter le rituel : certains oublieraient "le bout de chiffe" qu’ils sont censés accrocher au chêne, et d’autres la bouteille dont ils devraient se munir pour emporter de l’eau de source et continuer la cure à domicile. Cet homme du pays tient absolument à les avertir de ces omissions sans quoi l’efficacité du pèlerinage serait à ses yeux très compromise. Il lui arrive aussi d’ouvrir l’église paroissiale à ces pèlerins pour qu’ils aillent prier devant la statue de saint Méen. C’est ainsi que l’agent communal s’investit du rôle – officieux – de gardien du site, comme d’une certaine "orthodoxie" du rituel de guérison. Au Pré d’Auge, le rituel se jouant auprès de la source, du chêne saint Méen et de l’église paroissiale, oscille donc aujourd’hui entre la manifestation de croyances magiques et pratiques superstitieuses, conjuguées avec le souci de préserver une spiritualité chrétienne et – même à minima – le rite catholique Romain. On y observe à la fois l’acte superstitieux visant à se libérer du mal à travers un rituel soustractif (lavage de peau puis accrochage d’une loque au chêne saint Méen), mais aussi l’acte de prière chrétien devant la statue d’un saint le plus souvent considéré comme un intercesseur. Sans doute qu’une enquête plus approfondie montrerait avec une plus grande précision la diversité des pratiques cultuelles des pèlerins se rendant sur ce site.

D’après les personnes rencontrées sur les lieux, bien que n’existe aucune preuve statistique la concernant, la croyance envers le pouvoir de guérison de la source et du chêne saint Méen serait très répandue dans la contrée. Non qu’une frange de la population accorde grand crédit à de prétendues propriétés magiques, mais elle a pu y avoir recours à un moment de son existence, surtout pour aider à soigner un enfant proche. Les pèlerins y vont, disent-ils, parce que "ça ne coûte rien d’essayer". Mais ils s’y rendent aussi parce que "beaucoup de gens y vont", et "si beaucoup de gens continuent d’y aller, c’est qu’il doit y avoir quelque chose ; il doit y avoir une certaine efficacité". La preuve par le nombre agit donc comme une légitimation de la croyance ; mais cette légitimation peut être tout aussi liée à l’existence d’un antécédent familial : il suffit en effet de se souvenir que sa mère, sa grand-mère, ou qu’un aïeul a déjà fait appel aux supposées propriétés de la source et du chêne saint Méen pour se décider à entreprendre un pèlerinage. Ce dernier aspect conduit à se demander s’il n’y aurait pas, au-delà de la seule fonction thérapeutique, un attachement de nature identitaire susceptible d’expliquer la pérennité du rituel sur le site de la source et du chêne Saint-Méen. En d’autres termes, pour les habitants du Pré-d’Auge et ses alentours, le site et la légende associée seraient sacrés dans la mesure où ils seraient considérés comme constitutifs de leur identité, et à ce titre perçus comme un héritage – un patrimoine – à préserver et transmettre. Cet aspect parait se vérifier à plus d’un titre.

D’abord, on remarque au détour de conversations avec certains habitants du Pré-d’Auge la revendication d’une consommation alimentaire de l’eau de la source saint Méen, et ce bien qu’elle soit depuis fort longtemps déclarée non potable par les autorités sanitaires. Au cours de ces entretiens les "gens du pays" se distinguent des "étrangers" sur la base de cette consommation : eux en boivent sans être malades", tandis que les "étrangers n’osent pas". En guise de protestation à pareil outrage on affirme que le château fut lui-même jadis directement relié à cette source par une pompe…
Il est intéressant de rappeler que l’eau, comme breuvage, occupe un rôle central dans la légende de saint Méen faisant halte au Pré-d’Auge. Dans un premier temps l’étranger saint Méen s’était en effet vu refuser par une autochtone la jouissance de l’eau de la rivière coulant au fond du vallon. Cette fille en fut châtiée par une éruption cutanée qu’elle dû soigner par la prière. Il fallu la charité d’une seconde jeune autochtone pour que le partage de l’eau, en remerciement de l’évangélisateur, fasse jaillir une nouvelle source. On voit ainsi que la distinction entre l’autochtone et l’étranger, la relation à l’altérité, et surtout la fécondité d’une rencontre avec l’autre (en l’occurrence ici, entre un homme et une femme), sont au coeur de la genèse du site. En outre, la "nouvelle source" du récit légendaire pourrait s’interpréter à la lumière d’une nouvelle source spirituelle, liée à la conversion du paganisme vers la religion chrétienne au moment de l’évangélisation.
Le caractère identitaire du site transparait autant chez ses propriétaires qui occupent le château de la Rivière-Pré d’Auge.
Il est en effet de tradition familiale que ses générations se transmettent la charge de l’entretien de la source et du chêne. Et c’est dans ce contexte que, conscient de l’inéluctable mort de l’arbre, le comte de la Rivière-Pré d’Auge avait planté au début des années 1920 un chêne destiné à lui succéder. Vu aujourd’hui le mauvais état du vieil arbre, l’actuel occupant du château étudie la possibilité d’y transférer le buste du saint. À son tour ce châtelain a pris soin de planter un jeune chêne qui, le moment venu, prendra la suite de celui autrefois planté par le comte de la Rivière-Pré-d’Auge. C’est ainsi qu’on observe ici un mouvement typique de passage de relais. Il manifeste la succession des générations, mais aussi la pérennité d’une propriété familiale. Car ce qui importe ce n’est pas seulement la continuité du rituel de guérison. C’est également, à travers la plantation de nouveaux arbres, l’expression de la territorialité d’une famille soucieuse de conserver ses terres ancestrales. La source saint Méen serait alors peut-être la métaphore d’une relation aux origines vis-à-vis desquelles le fil ne doit jamais être totalement rompu.

1 Dominique de Russé

Personne(s) rencontrée(s)

- Dominique De Russe / Châtelain, propriétaire du site de la source et du chêne saint Méen

- Stéphane Mesnier / Agent technique de la commune du Pré-d’Auge / Guide occasionnel du rituel de guérison

- Denis Pouteau / Maire de la commune du Pré-d’Auge

Localisation (région, département, municipalité)

Région : Basse-Normandie
Département : Calvados (14)
Commune : Le Pré-d’Auge

Longitude : 0°08’54’’ E
Latitude : 49°09’19’’ N

Commune du Pré-d’Auge
Communauté de communes de Lisieux Pays d’Auge
Adresse : Mairie du Pré d’Auge, 3 Carrefour Croix de Pierre
Ville : Le Pré-d’Auge
Code postal : 14 340

Téléphone : Mairie / 02 31 32 20 88
Fax : Mairie / 02 31 32 03 02

Dates et lieu(x) de l’enquête : Mai 2009, Le Pré d’Auge
Date de la fiche d’inventaire : Août 2009
Nom de l'enquêteur ou des enquêteurs : Yann Leborgne (Chargé de mission, CRECET de Basse-Normandie)
Nom du rédacteur de la fiche : Yann Leborgne (Chargé de mission, CRECET de Basse-Normandie)

N° d'inventaire Ministère Culture : 2009_67717_INV_PCI_FRANCE_00075
Identifiant ARK : ark:/67717/nvhdhrrvswvk2rz

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