Le jeu de rebot

Jeu de balle. Une des "spécialités" de pelote basque.

La pelote basque est un terme générique qui désigne plusieurs jeux, dont le rebot.

La pelote basque est un terme générique qui désigne plusieurs jeux, dont le rebot.
La variété actuelle des jeux de pelote est due à la combinaison de trois espaces de jeux (place libre, trinquet, mur à gauche) avec divers instruments (gants d’osier, gants de cuir, raquettes cordées, raquettes en bois). Le rebot se joue en place libre où deux équipes de cinq joueurs, se renvoient une pelote de part et d’autre d’une ligne tracée au sol (c’est un jeu direct car les joueurs se font face, par opposition aux jeux indirects - se jouant par l’intermédiaire d’un mur - où les joueurs partagent la même surface de jeu). Le rebot est une évolution du jeu de laxoa, lui-même adaptation locale du jeu de longue paume. Il est l’un des plus anciens jeux de pelote basque encore pratiqué au Pays basque français où la LPPB et la Fédération Française de Pelote Basque (FFPB) organisent chacune un championnat. Il n’est par contre pas reconnu par la Fédération Internationale de Pelote Basque (FIPV).

La cancha

Le rebot se pratique sur un "fronton en place libre", c'est-à-dire en plein air, appelé aussi plaza (place du village en euskara) . La cancha (aire de jeu) correspond à un rectangle de 90 à 100 mètres de long sur 16 à 18 mètres de large1. A une extrémité se trouve un grand mur, le fronton dit "de refil" dans les jeux direct ; à l’autre extrémité (éventuellement) un autre mur plus petit a surtout pour vocation de clôturer le terrain. Le sol est encore souvent fait de terre battue (dans ce cas, au pied du mur une partie du sol, "le carré de but", est cimentée pour assurer un meilleur rebond) mais le bitume n’est pas rare.
Une première ligne est tracée au sol, parallèle au fronton et à cinq mètres de celui-ci. La zone définie par le mur et cette première ligne, complétés de deux lignes perpendiculaires, délimite "le carré de but" (5m x 7m) ou barne. Cette ligne s’appelle donc "ligne du barne".
Une deuxième ligne à 32 mètres, appelée "ligne du paso" (ou "paso marra" ou "corde") marque la séparation entre les deux camps. Entre le mur et cette ligne se trouve le camp "du refil" ; au-delà de cette ligne et jusqu’à la limite du fond de la place (souvent un petit mur) se trouve le camp "buteur" (ou camp du fond).
Les deux camps sont donc de longueur inégale (à peu près deux tiers / un tiers) : le camp buteur est plus long tandis que le camp du refil, plus court, s’avère en théorie plus avantageux à défendre.
Un système de chasses, les arrayas2, provoquées par certaines fautes dans une zone comprise entre la ligne du barne (à 5 mètres) et la ligne du paso (à 32 mètres), permet l’alternance de la possession du petit camp.
Un butoir est placé au milieu de la ligne paso, à 32 mètres, orienté vers le mur du refil. Ce butoir est aujourd'hui3 composé d’un trépied en bois surmonté d’une tablette de marbre parfaitement lisse et inclinée (du fait d’un pied plus long que les autres), qui peut être ronde ou rectangulaire.

La partie

Une partie de rebot se joue généralement le dimanche vers 10h30, entre mars et octobre.
On évoque souvent le chanteur de point, cet homme qui annonce le score en chantant, mais cette pratique est rare et plutôt réservée aux finales de championnat ou autres "grandes" occasions.
Les points se comptent "kintze", "trente", "quante", "joko" ("quinze", "trente", "quarante", "jeu") et une partie se joue en treize jeux. Elle est observée par sept juges.
Deux équipes se font face sur la cancha de part et d’autre du paso. Chaque équipe se compose de cinq pelotaris (joueurs de pelote), dont trois joueurs de champ (ou "arrières") équipés d’un chistera (gant d’osier, dans sa version "petit gant") et deux "cordiers" (ou "avants") munis d’un gant de cuir4. L’un des cordiers est également buteur. Les cordiers sont en fait situés dans le camp adverse, à environ deux mètres au-delà du paso.
La possession du camp initial est décidée par tirage au sort (avec une pièce, le douro).

Le buteur ôte son gant de cuir car il bute à main nue. Il fait lâche la pelote sur le butoir et au rebond la frappe pour qu’elle atteigne le mur du refil et rebondisse dans le "carré de but" (ce coup s’appelle paret). La pelote peut aussi d’abord rebondir une fois au sol (toujours dans ce carré de but) avant de toucher le mur (c’est un errebot).
Alors l’équipe adverse peut renvoyer la pelote dans l’autre camp. Excepté au but, la pelote peut être renvoyée à la volée ou après le premier rebond. Elle ne doit pas sortir des limites du terrain.
Certaines fautes donnent immédiatement un point à l’adversaire, d’autres provoquent une arraya.

Les arrayas : changement de camp et déplacement du paso.
Contrairement au laxoa, les arrayas ne peuvent être provoquées que dans une zone délimitée du camp de refil (le petit camp).
Certaines fautes survenant dans la zone entre la ligne du barne (à 5 mètres) et la ligne du paso (à 32 mètres), au lieu d’accorder un point à l’équipe adversaire, provoquent une arraya (chasse). Les deux juges situés sur la cancha, au niveau du paso sont chargés de marquer avec des petits drapeaux l’arraya, c'est-à-dire l’endroit de la faute, dans les cas où la pelote effectue plus d’un rebond, s’arrête ou roule au sol, qu’elle reste sur la cancha ou en sorte.
L’arraya se joue immédiatement si une équipe est déjà à quarante. Si non elle se joue plus tard, lorsqu’une équipe arrivera à quarante ou encore lorsqu’une deuxième arraya sera commise.
À ce moment, les joueurs échangent leurs camps et jouent la ou les arrayas. Le temps d’un point, la ligne médiane est déplacée à l’endroit marqué par les juges avec les drapeaux. Ainsi le camp de refil se retrouve encore plus petit et donc encore plus facile à défendre pour l’équipe qui vient d’en prendre possession. En suivant, on joue la deuxième arraya, s’il y en a une en fonction de l’autre ligne marquée par les juges. Ensuite, les juges se repositionnent au niveau de la raie initiale. Ainsi, la limite qui sépare les deux camps bouge constamment au cours de la partie.
Une nouvelle arraya ne peut pas être provoquée pendant qu’une arraya est jouée.

4 Le même gant de cuir qu’au pasaka ou que les cordiers au laxoa.

- La place libre, "plaza" avec au moins un mur (le fronton).

- Le butoir positionné à dans le camp "buteur", à sa limite avec le camp refileur.

- Les petits drapeaux ou autres marques pour les arrayas. L’équipe de Saint-Jean-de-Luz utilise des petits drapeaux, les mêmes qu’au rebot, mais ailleurs il peut s’agir d’autres marqueurs.

- La pelote

- Les gants de cuir.

- Les gants d’osier ou chistera.

- Le douro.

- Le marqueur de points.

- La tenue des pelotaris : pantalon blanc, chaussures de sport blanches, polo (blanc pour une équipe, variable pour l’autre).

Tous les frontons dits aussi "places libres" du Pays basque, suffisamment longs.

Les joueurs de rebot sont pour la plupart d’abord des joueurs de main nue, de joko garbi et/ou de pasaka. Ils peuvent commencer à jouer au rebot à partir de quinze ans. L’apprentissage se fait depuis plusieurs décennies au sein du club. Les gestes sont plus faciles à acquérir que les tactiques. Avec l’expérience un bon joueur peut évaluer s’il vaut mieux perdre un point ou provoquer une arraya par exemple.
Le rebot est un jeu trop complexe pour être proposé lors des initiations auprès du grand public ou des scolaires.

Voir la fiche d’inventaire "Pilota / La pelote basque".

Le club Luzaz Gazte (plus longtemps jeune), association sportive de Pelote Basque, est né le 28 novembre 2004 de la fusion de deux clubs luziens Luzean et Gaztenak.

Luzean, qui signifie "à la longue", sous-entendu longue paume, soit l’ancêtre du rebot, avait été fondé en 1929 pour sauvegarder la pratique de cette spécialité de pelote basque. Le club s’est peu à peu ouvert aux autres spécialités.

Gaztenak, qui signifie "les plus jeunes", a vu le jour en 1982, dans le but de pratiquer la Cesta Punta, spécialité renommée et qui permet aux joueurs de haut niveau d'accéder au professionnalisme aux États-Unis. La pratique du grand chistera en place libre s’est insérée dans le projet initial.

Luzaz Gazte couvre actuellement la pratique des spécialités suivantes : rebot, pasaka, laxoa, main nue, joko garbi, cesta punta, grand chistera, paleta pelote de cuir, paleta pelote de gomme creuse, paleta pelote de gomme pleine, frontenis, xare.

Une école de pelote accueille les jeunes pour l'apprentissage de la plupart de ces spécialités.

Voir la fiche d’inventaire "Pilota / La pelote basque".

Le club propose également de collecter et diffuser sur son site Internet toute photographie en rapport avec la pelote basque à Saint-Jean-de-Luz.

Voir la fiche d’inventaire "Pilota / La pelote basque".

Voir la fiche d’inventaire "Pilota / La pelote basque".

- PÉRÉ Pierre, 2003. Rebot passion. Atlantica, Anglet.

Personne(s) rencontrée(s)

Michel Sédès, Président du club Luzaz Gazte (Saint-Jean-de-Luz).

Localisation (région, département, municipalité)

Aquitaine, Pyrénées-Atlantiques :

- Pays basque (entre autres à Saint-Jean-de-Luz, Hasparren, Tardets, Ustaritz, Saint-Palais, Saint-Étienne-de-Baïgorry).

- Béarn (à Salies-de-Béarn, Sauveterre).

Site Web 

Dates et lieu(x) de l’enquête : du 15 juin au 31 août 2012 au Pays basque (France).
Date de la fiche d’inventaire : 01 septembre 2012
Nom de l'enquêteur ou des enquêteurs : Cendrine Lagoueyte
Nom du rédacteur de la fiche : Cendrine Lagoueyte

N° d'inventaire Ministère Culture :  2012_67717_INV_PCI_FRANCE_00160
Identifiant ARK : ark:/67717/nvhdhrrvswvk2bd

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